‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 2)Chapitre 73 sur 336 · HOSTILITÉS AVEC LA FLANDRE · texte numérisé non relu

HOSTILITÉS AVEC LA FLANDRE

son tour glisse sur l’armure du rot, et va pénétrer dans les flancs du cheval entre les deux cuisses; la lame effilée coupe la queue du noble animal, au point où elle est attachée, et, se brisant enfin à cette place, elle s’arrête... Richard et son valeureux coursier tombent également; mais se relevant avec une admirable légereté, le roi saisit un autre cheval, et attaque de nouveau le comte Alain. Cependant ses troupes tournent le dos, et [ui-mème est obligé d'abandonner le combat pour les réunir; sur tous les points, nos Francs furent vainqueurs : le château d’Aumale tomba au pouvoir de Philippe. »

Les résultats de ce succès ne furent pas aussi complets que s'efforce de nous le peindre la verve poétique de Guillaume-le-Breton; d’ailleurs, plusieurs circonstances vinrent compliquer la situation de Philippe-Auguste.

Baudouin VI, comte de Flandre, qui avait fait hommage au roi de France pour ses domaines, profita de la nouvelle guerre, et secouant les liens féodaux, se déclara pour la cause de Richard. Il demanda d’abord la restitution de l’Artois, fief qu'il avait cédé à Philippe pour

RENAUD, COMTE DE BOULOGNE. 99 être admis à l'hommage; et comme il n’obtint qu’un refus, Baudouin déclara la guerre à son seigneur-lige. Au sire de Flandre s'était joint le fameux Renaud, comte de Boulogne, qu'une vengeance chevaleresque attirait sous l’étendard des ennemis de la France. On racontait qu’étant un jour en présence du roi, le comte de Saint-Pol, favori du monarque, lui avait donné un soufflet avec tant de force qu’il l'avait fait saigner du nez : le bouillant Renaud s'était précipité sur le comte de Saint-Pol; mais le roi lui avait interdit la bataille en champ clos: Renaud ne voulant point obéir s'était exilé de la cour du suzerain, 1l venait conquérir, les armes à la main, la faveur qu'il avait perdue :.

Philippe profita d'une trève de quelques mois conclue avec Richard, pour marcher sur la Flandre; les chevaliers du comte avaient déjà envahi le Cambrésis et le pays de Tournay; presque toujours victorieux , ils contrai-

: Rigord. Gest. Philipp. August. Duchesne , t. v, p. 41. — Alberic des ‘Frois- Fontaines, ad ann. 1197, et Duchesne, Preuves du 3e liy. de l’Hist. de Béthune, p. 8r.

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