LE BARONAGE DE FRANCE CAPTIF
çoivent bientôt qu'ils sont environnés d'armes étincelantes, et Mathieu de Montmorency reconnait les écussons mi-partis des comtes de Leicester, d’Arrondel et de Salisbury. Manassé de Malvoisin s’approcha de lui, et dit: « Beau sire ,ne voilà-t-il pas le baronnage d’Angleterre?— Oui, certes, ditMontmorency. »Aussitôt On va prévenir le roi, qui continuait à galoper dans la plaine sur son cheval de bataille. Manassé de Malvoisin l’arrête par la bride :
«Où cours-tu, veux-tu te livrer à l’ennemi?
crois-tu que ta faible troupe puisse combattre cêtte armée? Tous les chemins sont coupés d'avance. Tournons bride, tandis qu'il en est temps encore, et que l'ennemi ne nous a pas tout-à-fait entourés.—Tu veux donc, Manassé, présenter le dos en fuyant devant Richard et les, Anglais. Il faut que cette route royale me conduisé à Gi5ors : si nous sommes entourés, voilà une clé, dit-ilèen montrant son épée, pour sortir de cette enceinte d'acier. » En pronongçant ces mots, il poursuit son chemin, et tombe la lance au poing sur uné multitude de chevaliers anglais qui cherchent à lui fermer le pas-
sage. Ses braves compagnons limitent; mais