IMPRUDENCE DE PHILIPPE
lui renvoyant la cuirasse et la lance de l’'éveque toute couverte de sang, répondit par ces seuls mots : « Reconnaissez-vous la robe de votre fils? » Le pape ne réclama plus. Il vit bien, dit la Chronique de Saint-Denis, que l'évêque de Beauvais avait guerroyé comme un baron, et qu'il était captif à bon escient !.»
Dans le mois de juillet, les deux rois se trouvaient encore en présence dans les plaines de Normandie; les banderolles des chevaliers , les armoiries de diverses couleurs témoignaient que tous les barons des deux royaumes avaient suivi leurs suzerains à la guerre. Philippecomptait s’avancer sur Gisors pour en tenter lesiége. Richard campait dans les champs du Vexin, à la tête de quinze cents chevaliers, et de plus de quarante mille vassaux , hommes du commun, armés de bâtons ferrés et de pieux durcis au feu. L'imprudent Philippe, ignorant quelle était la position de son adversaire, s’avança sur Courcelles en toute hâte, n'ayant avec lui que quarante chevaliers, presque tous de valeur, et quelques suivans d'armes; ils s'aper-
‘ Roger de Hoved. Ann, Angl., ad ann, 1197.