LAY PLAINTIF DE BERTRAND DE BORN
périence, et sente la force de l'instrument cruel dont il a appris l'usage aux autres —Atropos a dit; ses paroles ont plu àses deux sœurs: Clotho quitte la quenouille, et Tachésis renonce à ses fuseaux. Richard a cessé de vivre t. »
Le troubadour Bertrand de Born, vicomte de Hautefort, qui avait long-temps combattu contre les hommes d'armes et les Brabançonnais de Richard, mais qui depuis s'était fait le plus fidèle de ses vassaux, chanta aussi la mort de son seigneur en hauts faits de bataille et en la science gaie. « Mort barbare, tu peux te vanter d’avoir enlevé le meilleur chevalier qui fut jamais. Je pleure celui qui fut mon maitre en toute chose; nulle joiene dissipera ma douleur. Anglais, Normands, Bretons, Irlandais, Gascons, verseront des larmes améres. Tu étais le roi des courtois, lempereur des preux; nous sommes tous abimés dans la tristesse et le désespoir, car Les barons, les troubadours, les jongleurs, ont tout perdu. J'implore la miséricorde du Dieu qui est mort pour nous sauver; qu’il daigne le placeren honorable compagnie, au séjour où 1! n’y eut jamais ni peines ni chagrins.»
: Philippéide, chant v.