JBAN NE REM VOIE PAS LES ÉTRANGERS
festalt sa colère'. » Il ne renvoya point le» étrangers, et particulièrement les Poitevin»^ en qui seuls il avait confiance. Ceux-ci et se» plus intimes courti^ns disaient sans cesse ; a U est impossible de supporter cette charte^ tu es le vingt-cinquième roi d'Angleterre et tu n'es pas même un roitelet ! U vaudrait mieux n'être pas suzerain que de l'éti^e de cette manière; te voilà roi sans royauté, seigneur sans domaine; ob ! que c'est misérable ! » Ceci excitait Jean à détester sa charte. Il écrivit des lettres secrètes à Philippe Marc , connétable du château de Nothingam, Poitevin d'origine, et à plusieurs autres châtelains étrangers * : « Fortifiez-vous,procurez-vôus des vivres, entourez vos murailles de fossés, prenez des chevalier^à votre solde; et ayez soin surtout qu'on ne puisse s'en apercevoir . » Il était cependant difficile de cacher long-temps de tels préparatifs; les barons, conservateurs des privilèges , les connurent* et vinrent trouver le roi : « A quoi tendent, lui
1 Gaepit frendere dentibus, ocolis torvis iotuitum retorquere^^iept08 baculos et stipites more fariosi nanc coirodere, nunc corrosos confriagere et in iaordinatorum gestaum plurimis argiunentit» conceptem ) dolorem imo furorem manifestare. Ibld.
2 Mathieu Paris, p. 2?.i.
PLAINTES DES BARONS. sS
dirent -Us, ces grands mouvemens d'hommes d'armea? pourquoi vos châtelains fortifient-ils les murailles, et font-ils de nouveaux créneaux aux tours? »
Le roi les accueillit d'un visage riant et tranquille : (c Par les pieds de Dieu je jure que je n'ai aucun dessein de violer la paix heu* reusement scellée entre nous'. » Continuant ensuite, il parvint par de mielleuses paroles à calmer l'irritation violente et les murmures des barons.
Cependant , comme on apprit ensuite qu'il ne cachait plus son désespoir d'avoir signé la charte , les murmures recommencèrent :
ce Nous sommes, disait* on, sous le joug d'un tyran ; il nous a déjà soumis à Rome, il nous vendra peut-être à des étrangers. i>
Jean n'était pas tranquille. Il voyait à peine autour de lui sept chevaliers de sa propre cour; ses barons ne pouvaient-ils pas s'emparer de sa personne comme otage? Dans cette situation difficile que devait- il fah^e? Il quitta fiirtivement Windsor et vint se reti-
1 « Jurando pcr pedes Dei consUnter affirmavit. Ibid, »