LOTTRE DE LOUIS AUX ANGLAIS
Les bulles du pape émurent peu les barons de France et d'Angleterre ; ils yenaient de recevoir une lettre qui leur annonçait le prochain débarquement du prince Louis , et cette nourelle leur causait une joie bien plus vive que les craintes qu'inspiraient les douleurs et les menaces des abbés. La charte était ainsi conçue : « Louis , fils aîné de Philippe, roi des Français, à tous ses fidèles et sincères amis qui sont à Londres, salut et satisfaction. Vous saurez certainement que yers les approches de Pâques nous serons à Calais prêt à passer outre-mer. Je vous remercie de la manière forte et prompte dont vous ayez conduit mes affaires \ Tout ce que yous. m'ayez promis yous l'ayez e:xactement tenu. Aussi nous voulons que vous soyez trèspersuadé des secours que nous nous hâterons de vous fournir. Ne faites attention à aucun autre avis qu'on pourrait vous donner , car je pense qu'il vous en sera envoyé de faux et de trompeurs. Adieu. * . »
1 « Saper eo quod vos la omnibus aegotîiâ meis streouè et Viri* liter habuistis , vobis refero gratias copiosas. ■ Jbiçl.
a « Gredimus enim quôd super his falsas litteras babebitis aut nuncios seductorcs. » Ibid,
INQUIJÊTUDES DU PAPE. 4^
Cette lettre pleine de promesses combla de )oie les Anglais ; ils ordonnèrent un non- Teau tournoi pour s^essayer dans de nobles joutes contre la chevaleiie de Fraâôe ; iU sortie rent et se répandirent dans k plaine autour de Londres. Ces feux commencèrent avec la lanôe et Tépéë , mais ilk furent ensâtnglaniés ; car yoilà qu'un Français porta un coup de lance au comte Geoffi'oi Mandeyille et le blessa mortellement. Ce triste aeddent suspendit les toumoû. Les cheraliers de France et d'Angleterre rentrerait dans Londres.
Le bruit de la résolution des Français de soumetti*e l'Angleterre au prince Louis était patyenu à Rome. Innocent lU en fat yiolemment affecté. Il Tojrait dans cet éyénement, non-seu*lemenC un acte de désobâssance au Saint- Siège, mais encore la perte absolue de ses droits desuzerainetésur l'Angleterre etde laredevance payée à St.-Pierre. Il était, en effet, certain qu'une fois établi sur le trône, Louis, fils de Philippe-Auguste, s'àffrancbirait ainsi que se» barons, d'une servitude inutile pour tout prince fort du concours national et de l'appui d'un monarque aussi puissant que le roi de France ; il