‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 23 sur 124 · CONSÉQUENCE DB L^HOMMAGE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCE DB L^HOMMAGE

la sentence a été portée il n'existait pas de frère ; et quant à la sœur d' Arthus , elle ne peut nonplus hériter par la même raison que la représentation n'est point admise en ligne collatérale ; la mère d'Othon ne vivait pas au moment de la sentence , mais la reine de Castille existait et elle a succédé. Depuis elle a transmis l'héritage à Louis.

a — Alors, dit le pape, le roi de Castille devait avoir la succession comme mâle et le premier en ligne. y>y Les députés répliquèrent : « 11 est d'usage que lorsqu'il y a plusieurs héritiers appelés, si le premier en ordre ne réclame pas, le second peut se présenter et se faire investir de l'hérédité, sauf les droits d'autrui s'il les fait valoir ; le roi Louis est entré en Angleterre comme dans une chose lui appartenant; que si un plus proche parent veut le revendiquer , Louis fera ce qu'il devra' .

« — Mais, ajouta le pape, le royaume d'Angleterre est à moi à cause de l'hommage qu'on m'a fait et du cens qu'on me paye. Comme je n'ai rien fait à Louis , il serait injuste qu'il inquiétât

1 « Etideo dominas Ludovicus intrat regnum Âogli^ut saam; et si quîs piopinquior velit super hoc reclainare, dominus Ludo- TÎGus faciet in de qoôd débet, » Ibid.

64 PB1NCIP£S SUR LA GUERRC ENTRB VASSAUX.

ma propriété et qu'il 9 en emparât. Que s*il a / quelques injures à venger , Jean possède encore des terres en France , que Louis y porte donc les armes. »

Les députés dirent : a Une guerre juste a été commencée contre le roi «anglais ^avant que l'hommage n*eût été fait à la cour de Rome.

auiM^ixme'Longue-Epée et une grande foison de chevaliers anglais ont envahi les taises du «èigneur Louis ^ au nom de Jean. Notre sire porte la guerre là où il croit convenable. i>

Le pape se leva et dit encore : « Jean étant mon vassal, si Louis avait à se plaindre , c'était à moi qu'il devait s'adresser ^ comme à son supérieur.

» — La côutftme est en France, lorsqu'un sei gneur croit devoir se venger d'un baron et lui faire la guerre, qu'il puisse prendre cette résolution de sa propre autorité , sans s'adresser au supérieur dans l'ordre des fie& ,^ et que si, à cette occasion, le supérieur veut prendre fait et cause , il fait la guerre de son propre chef.

»Mais les conciles portent, dit le pape, que dans les discordes ambitieuses sur les intérêts

QUESTION SUR liBS PRIVILEGES DES CROISÉS. 65

temporels , les fiefs des pèlerins qui ont pris la croix pour la défense du saint tombeau doivent être à l'abri de toute invasion pendant quatre ans; or, Louis doit respecter la trêve de Dieu.

» — Louis n'a pas été prévenu de cette trêve, et , d'aiUeurs , la malice du roi Jean était si connue qu'on n'y aurait ajouté aucune foi.

y> — • Jean est croisé , et par conséquent sous la protection des conciles et de l'église.

»-— Mais avant qu'il ne se soit croisé, il avait envahi les terres du seigneur Louis et lui avait &it de grands dommages ; il a saisi ses hommes d'armes et ses châteaux'.

m — * Les barons aftgjlais oiit été excommuniés ainsi que tous leurs feuteurs ; le roi Louis encourt la même sentence. *

» — Louis n'est point allé en Angleterre pour seconder les barons révoltés, il n'a Êiit le voyage que pour réclamer son dû. Le roi ne peut croire que, pour cet acte de justice, il puisse subir l'excommunication. Le pape n'a point ignoré j lorsqu'il l'a lancée , quels étaient les droits de Louis sur le royaume d'Angleterre ; cette considération aurait dû l'arrêter.

1 Mathieu Paris. Ibid.

Page 1