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nies, se traîne un peuple ignorant et misërabtc. Les lois du ÊinatJsme et de l'intolérance contrastent tiiitement avec les formes élégantes et polies des beaux -esprits de Versailles et de Saint-Germain. Les découvertes de la philosophie et des sciences exactes constatent d'une manière plus certaine l'état de la société. Lorsqu'on voit leurs résultats se répandre et devenir populaires, on peut dire qu'il y a progrès , mais la littérature ne se lie pas aussi intimement au bien-être commun. Heureuses sans doute les oadons qui peuvent offrir de grands siècles littéraires, toutefois ces progrès ne sont pas toujours le signe infaillible des conquêtes de lalibertéetde la raison publique!
L'état des sciences exactes aux XII* et X.III* Mècles était encore imparfait, maù l'époque qui a produit Bacon ' et Albert -le -Grand * n'est pas sans curiosité. Le dé&ut général des études scientiBques dans ce temps, c'estqu'elles
1 Kogei'BacoD, qall ne faut pu coufoDdre >rao ton homo- Qjme plus Tnaderne, eat un FrUDciBCain du XIIl' siècle qu'il ■ rempli de se» Irariui et de «es dteouTerres,
1 Alben-le -Grand , à traTers ses erreurs et ses folies utrologiques, est au des hommes qui aat 1g plus iTuici les sciencei exMtes dam le moyea âge.
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■ont plutôt un sujet de dissertations , que d'obserrations ; elles âeviennent un tbême de dispute, une thèse de &eulté, plutôt qu'une enquête de faits.
L'expérience grecqneavaitfeit peu deprogrès dans la-physique, et Ton sait combien les li< Très d'Anstote sont incomplets. Cependant, au moyen Age, c'était sur des traductions corrompues et presque inintelligibles de ces ourrages, iaites parles Arabes, que les travaux sdentiÊques étaient entrepriset achevés '.Tous se ressentaient .de la source où ils étaient puisés , et les seuls cbangemcns que les physiciens te permissent alors dans les doctrines cmprimtées aux anciens se liaient au système de la théologie chrétienne qui dominait toute cette ' époque. Trois hommes célèbres ont décrit le .monde physique; saint Thomas, saint Bonaventure et Albcrt-le-Grand ; tous trois rentrent dansle même cercle d'idées. «Les divers aspects des corps célestes sont les causes de la gênération ou de la corruption. Toutes lespropriétés, toutes les lâcultés des corps terrestres, sont
I Jourdûa, Rccbircbef nr Ici trtductioni d'Ariatote, Farii, 1819 fiD^S*.
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comme des fondes et des conditions qui leur sont imprimées par les astres , et au-dessas des astres par des intelligences ; tout se meut par Faction secrète des uns sur les autres ; c'est ainsi que la Terto magnétique est inhérente à une forme occulte , que donnent à raimant les sphères célestes. L'élément est le principe simple des corps composés ou composables , la quintessence est un être qui se distingue de tous les corps , et qui n'a dans lui aucun prin* cipe de contrariété et par conséquent de corruption *.
Ce yerbiàgç phynque, mélange des doctriBe»
cabalistiques et des idées d'Aristote y ne souffrait pas de contradictions. Ce fut ainsi que le pape Honorius III exhumant un Uraité de Jean Scott , mort au IX' siècle* le condamna comme impie. Scott avait préfiéré le système de Pla* ton et des émanations, et on le considéra comme favorisant le panthéisme.
Lorsqu'on en venait à des .faits , à des applications , c'était alors , surtout , que l'absor-
1 Brucker , Histoi*. philosopb., t. m » p. 632. Le pins complet des ouvrages sur l'état des sciences pbUosophiqoes » au moyen âge.
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dite du système reseort«it dans toute sa nur dite. Le spéculum natui-ale de Vincent de Beauvais , contient une suite de m^vàlleuses AécouTertes. Ainsi lafaboleuse licorne est placée dans le r^ne animal. On y dit qu'il faut envoyer, poiu* la trouver et I9 saisir,, une jeune pucelle ; car elle est l'emblème de la pureté du cœur; l'autrucbe couve ses œufs par la force calorique de ses r^ards' ; tout est phénomène dans l'ordre naturel , tout se lie aux astres ; et les corps célestes eux-mêmes se rattachent ' aux événemens de la vie', Aigord rapporte qu'après la prise de Jérusalem par Saladin , il ne poussait que vingt-deux dents aux eulàns ', et la chronique de Saint-Denis a bien soin de conter qu'à la mort de Philippe-Auguste , parut une comète qui annonça les plus grandes calamités. Bacon, qui publia un traité spécial de nuUUale magiœ ( de la nullité de la magie), ne peut se dégager tout-à-fait des préjagés de l'alchimie. On travaillait sur les élécnens. Ou cherchait dans les métaux
1 Vincenl-BelloTacenB. opéra. Specul. Ditura), §68. 3 Andréa , del origine el del progreasu di ogni littérature, t. iv , p. 109.
3 Dm. Itrial, coUect. des hiit. de France, I. ITII, p. i5.