‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 85 sur 124 · QUESTIONS SUR LA BOUSSOLE · texte numérisé non relu

QUESTIONS SUR LA BOUSSOLE

qaes de Yi tri en parle aussi comme d'un instrument très-nécessaire aux navigateurs \ ce Si prenez une pierre d'aimant, ce est calamité, dit Bruueto Latiuus, vous trouverez qu'elle a deux (aces, dont l'une gist vers Tramontaine, et l'autre gist vers l'autre bord ". »

L'importante découverte de la boussole appartient donc au XllP siècle ; toutes les nations maritimes s'en disputent la gloire. La France la réclame, parce qu'elle porte des fleurs de 1 js. Les marchands d' A malfi l'avaient aussi revendiquée parce que leur cité avait une boussole dans ses armoiries. Quelques-uns l'attribuent aux Arabes , par l'emploi que font les auteurs qui la décrivent des mot^zoron , aphron^ zibar^ empruntés aux langues orientales. D'autres, enfin, veulent que Marco Paolo l'ait rapportée de la Chine, mais ]es monumens conslatent qu elle était connue avant le retour du célèbre voyageur \

Qu'importe après tout ; la boussole n'a été employée dans la navigation européenne qu'à

1 Hist. orUntalc , L 1 , c. 89.

a Trésor, l. 1, c. 49-

5 Tiraboschi est entré daiis de savantes et curieuses recherches

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la granjoe époque^ doat nous écrivons Fhis- I toire , et elle a produit une Tëritable révolution. C'est le seul point qu'il £iille suivre et eicaminer dans la marche des idées et de l'esprit humain.

L'opinion vulgaire est que la poudre à canon fut inventée par un moine allemand , dans le Xiy* siècle. Cette découverte qui a aussi changé la face du monde, est bien plus ancienne; Roger Bacon l'a décrite : « Pour imiter les ce éclairs et le tonnerre , il suffît de prendre <c du soufré , du nttre et du charbon , qm , (< séparés , ne produiraient aucun efiEet ^ mais c qui mêlés ensemble se dégageront , dès qu'on ce l^s enflammera , de la machine creuse où on « les aura renfermés , et par une explosion égacc leront le bruit et l'éclat de la foudre'. » Dès l'an I âoo , les Arabes faisaient usage de cette mixtion pour lancer des pierres et des boulets'. Cependant le plus ancien monument firançais

sur la boassole dans son histoire délia litterat. italian. édition in-4 , t. iT« p. ao5 ; et les bénédictins d&ns lliist. littéraire de France , t. IX , discours préliminaire.

1 De nulUtate magiœ ; il serait curieux de voir quelle était la diifcrence entre le feu grégeois et la poudre à canon, a M. L'angiès, Mag. Encjcloped. iv« ann. 1798. T. i , p. 533.

l'optïqùb. ^6g

qui indique Temploi de la poudre , est ùfl compte rendu en i558 ptfr Barth^emy de Drake, trésoriar de« guerres, où se trouve compris un paiement à Henri de Faumecbon pour poudre et autres choses nécessaires aux canons qui étaient devant Puy-Guillàume'.

C'est à Roger Bacon qne nous devons encore la plupart des découvertes de l'optique. Il reconnut le premier Finfluence combinée de la réfleiion et de la réfraction. II avait observa les modifications que le reflet de la lumière éprouvait, soit lorsqu'elle se i^éflécbit sur une surface polie ^ plané ou concave , . soit lorsqu'elle traverse un verre convexe. Le monde savant lui attribue l'idée de la cbambre ol^cure, des lunettes, des télescopes , et surtout cette nouveauté liéconde en résultat , que l'interposition d'un corps dcBse et sphcrique amplifie les images '.

L'application matérielle de ce principe, faite par un Italien, Alexandro da Spina, ou plu-

1 Ducange. ▼** Bombarda,

a BacoD opas maj. , p. &S7. -r^ Les œuvres complètes de Roger BacoD ODt été put^Iiées à Londres eu 1/35, ÎQ-fol. Ses Traités du secretis operjbus naturœ et arils, et de nulUtate magiœ l*ont été séparément, à Hambourg, i6i8 , ia-18*

a^O MATHÉMATIQUES.

tôt 'par Sabino Degli Armati, donna pour résultat les Terres à lunettes ; dans un manuscrit de 1299, Fauteur se plaint de' ne pouvoir plus écrire sans lunettes, et dans un seimon prêché en 1 3o5 , il est dît qu'il y a environ 20 ans qu'elles étaient inventées'. Ainsi cette application heureuse des idées de Bacon appartient évidemment encore au XIIP siècle.

Les progrès des sciences mathématiques étaient moins grands ; toutefois le calcul par les chiffres avait une haute importance, et s'appliquait aux usages communs de la vie, à la géoQiétrie , à l'astronomie , et même à la musique et à l'architecture. Tout tendait dans ces études , à parfaitement définir quelle était r influence mystérieuse des nombres sur les actions humaines « et cet abus, en rendant Tusage très-fréquent du calcul , dut contribuer à popjilariser l'étude de l'arithmétique. Plusieurs manuscrits sont couverts de chiffres réunis, par des lignes et des signes cabalistiques. Albert - le - Grand commenta rarilhmétique de Boèce ; Villediçu exposa en vers latins les

1 Tifaboscliî , t. IV. p. 196 — 199.

CHIFFRES ABABES. 2JX

règles et les principes des Calculs. Tous étaient fondés sur les tables de Pythagore \ Mais l'arithmétique prit quelque extension par rintroduction des chiffres arabes , ou pour parler plus exactement de ces caractères empruntés aux Indiens , sous le règne du calife Aaroui^-Raschild. Il n'en subsiste aucune trace dans les monumens de l'Occident, jusqu'au commencement du XUP ' siècle. Le premier usage qui en fut fait en France est constaté dansle traité de la sphère, par l'Anglais HoliwQod , professeur à l'uniTersité de Paris. Les chiffres arabes y servent à la multiplica-* tion , et même à l'extraction des racines cubiques. Cependant leur emploi commun n'appartient qtfà la fin de ce période*.

L'algèbre et la géométrie ont aussi laissé quelques traces écrites , et les notions qui nous sont parvenues permettent de porter un jugement certain sur ses progrès. Il nous reste un commentaire sur Ejaclyde , par Campanus de

\ L'abbé Lebœuf. État des 'sciences et lettres en France jasq l'à Philippe- le«Bel , t. ii de son histoire du diocèse de Paris, p. 91.

2 Fabricius, bibiioth. ixMedii aeW, t. 1 , p. 68. Tiraboschi., t. iv, p. 177, 178.

5 Nouveau traité de diplomatique, t. m , p. 526-537.

272 GÉOMÉTRIE . — MÉG ANIQUË«

Novarre. Tout ce qa*on savait de géométrie était confonda avec l'art des architectes, et la perfection où il fîit poussé au moyen âge , constate , qu'il y avait amélioration , soit dans les principes , soit dans la routine! Au milieu du XIIP siècle', la sphère de ces deux sciences s'agrandit. Alain de Lisle définit les lignes droite, courbe, circonflexe, le triangle, le tétragone *. On commença à expliquer les élémens d'Ëuclyde. Deux manuscrits nous ont transmis de» traités de géométrie , en langue française, où toutes Içs figures sont reproduites eit^r. La mécanique s'avançait aussi largement. Albert-le-Grand composa une tête parlante , et un automate à figure humaine , qui allait ouvrir la porte quand on y frappait et prononçait quelques mots. Roger Bacon avait fait un pigeon volant * . Ces ouvrages de patience et de calcul constatent, que la mécanique était soumise à des règles certaines, et qu'elle obéissait à des principes positifs.

Les premières notions de l'astronomie arri-

i Anti-Glaudien , liv. m, chap. 5 et 7.

2 Bossut, Histoire des mathématiques, t. 1, p. 4ai«

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