CARTES GÉOGRAPHIQUES
rien voir de plus imparfait. Toutes les posi-^ lions sont fautives ; toutes les divisions disproportionnées ; aucune échelle ne peut servir à mesurer les distances ; les plus vastes royaumes sont rapetisses sous la proportion d'une province , et les provinces j apparaissent avec les dimensions d*un royaume'. Cependant , des travauicde cadastre > premiers élémens de ht géographie , furent entrepris à cette époque.^ On a la topographie de l'Irlande et du pays de Galles. On conserve encore le partage. figuratif du Danemarck^ et le tableau des possessions territoriales, du clergé dans l'Angleterre, sorte de livre de fief, pour les cours eccléûastiques. Ces travaux devaient à la fin , par leur réunion , servir de première base & la sdenee plus ; agrandie de la géographie. L'habitude de fi^re des chroniques , la mal-^ tipUcité.de ces monnniens de la patience mo-* nastique^ avaient dû conserver la dironologie : la plupart des historiens du temps ont adopté eette forme de raconter les faits ; les événe*
i Le» bibliothèques da Nord sont plus riches eu docameos géo<^ graphiques que les dépMs de France. Voy. Le boeuf, État d«» scienceS) p. ijQCtsuiv.
2l84 CHRONOLOGIE.
mens y sont dits jour par jour. On ne connaît pas d'autre division systématique, etcependant rien n'était moins fixe encore qae le calendrier et le comput de Tannée. On la commençait à Pâques dans la plupart des provinces de France , en Bourgogne, à Narbonne , à Foix comme en Italie*; au rzSmars à Rhodez, Cabors et Tulle, et en Espagne. Le premier janvier se rencontre dans un bien petit noàibre d'aetes comme le principe dé l'année *. •
Les plus gi^andes erreurs défigurent la chro* nologie des chroniques pour les temps anciens. L'an de la création du monde ^ de la fondation des empires les plus fameux, s6nt inexactemient rapportés. Tout ce qui B^'est pas contemporain , et , pour ainsi dire, sous les yeux de l'annaliste , il l'emprunte , sans critique, à quelque source antérieure, dont il se garde bien de vérifier la pm^eté. Il le prend , matériellement , parce que cela est écrit. Toutefois des rectifications furent faites dans la chronologie. Les tables alphonsines en
1 CotAparcK sur le coinpat des années la dissert, préliminaire dans Tart de vérifier les dates, par les Bénédict , p. 3 à ai, avec le nouveau traité diplonjaticjuc . t. 5, p. 548 à 583, et Din. Vaissèle, t. 4, p« 7-
RESULTATS. 2Ôâ
contiennent quelques-unes d'importantes, et Roger-Bacon, dont le nom se mêle à toutes les découvertes scientifiques, avait songé à établir, comme on Ta dit , la coïncidence du calendrier civil et de Tannée solaire.
Tels sont à peu près les documens qui nous restent sur l'état des sciences exactes aux XII' et XIIP siècles. Je n'irai point, érudit admirateur, m'axtasier sur des découvertes qui sont si loin d'égaler les étude» du XIX *" siècle , mais il est néanmoins une vérité à constater, c'est que la^riode, dont nous retraçons l'histoire, fut une époque d'activité et de travail; on se livra avec ardeur aux investigations les plus diverses ; et comme toute recherche , toute action de l'esprit est déjà un progrès , il n'est point douteux que les travaux de ces hommes laborieux et contemplatifs du moyen âge n'aient avancé la science ; non certes que nous voulions trouver, dans ce chaos , les résultats actuels avec leur caractère et leur immense portée , mais les sociétés , dans leur enfance , ont-elles jamais çgalé les grandes civilisations ?
Voyons maintenant quelles causes empêchèrent cet esprit travailleur de produire tout ce qu'on pouvait en espérer.
a86 MÉTHODE SGOLASTIQUE.
004ft4ftOa(N>4ft004ftaOOOaO()aa<»4ftO<MO<»dQ90(»