‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 95 sur 124 · RÉSULTATS DES ÉTUDES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DES ÉTUDES PHILOSOPHIQUES

d'enseigner l'art de raisonner ^ tandis qa'on n'apprenait que l'art d'abuser du raisonnement.

Le seul bon effet que les études philosophiques aient pu produire au moyen âge, a été d'établir des relations entre les différentes connaissances humaines, et de suggérer le projet d'en former des systèmes encyclopédiques. Tel fut le plan que suivit Vincent de Bé&UTais. Il classa, sous des titres divers et dans une sorte d'harmonie , le tableau des sciences phymques et morales, l'histoire sacrée et ^o&jie '• Roger-Bacon accomplit un plus large travail encore. Dans son : grand ouvrage il signale une à une les erreurs de Tignorance, et les obstacles qui s'opposent à l'entier développement de l'intelligence. Tout rentre dans son examen , la] physique , la mécanique, l'astronomie , la perspective et l'optique. Si l'on sépare de VOpus majus tout ce qui concerne l'astrologie judiciaire , on trouvera , ce qui est rare dans ces temps , une série de fidts et d'observations remarquables \

1 Spéculum quadraplex. Douât, i6a6, 4 vol. ia-f -. a BaooD. Opns BMifQS, Load, 1733, ia-#o^.

MORALE. . 5o Z

Si la connaissance des faits était négligée, la morale considérée comme science socnale l'était encore plus. Elle rentrait eicchisivement dans les principes religieux. Celle d'Aristote avait sorvi à quelques commentateurs et particulièrement à Bruotto-Latinus^ Quant au miroir notoral de Vincent de Beauvais, c'était lin véritable traité de théologie; car, il &ut bien en^ eore le dire, elle était toute la philosophie de cette époque; on ne. cherchait pas la morale coipme un principe inné dans lé fond de l'âme, mais comme un commandement écrit dans les liyres saints.

La médedne rentrait dans une des quatre &cnltés universitaires. Cette science, qui avait fait de si grands progrès dans la vieille Grèce semblait s'être entièrement perdue aux premiers liiècles de notre barbarie. Quelque iaible routine s'était conservée dans les monastères , où Ton pratiquait avec l'hospitalité l'art de guérir. La médecine, considérée comme science conjecturale et d'expérience , arriva au milieu de l'Europe par les Arabes. Les ouvrages de Mesué , Geber , Rhasès , Avi-

Page 1