FIEFS DU COMTÉ DB TOULOUSE
Provence, était pour ainsi dire resté en dehors da grand mouyement politique qui centralisait l'autorité suzeraine. La confiscation sur le roi Jean ayait rapproché les domaines de la couronne des provinces méridionales, mais les rapports de féodalité ne s'étaient point modifiés ; les seigneurs territoriaux conservaient leur même indépendance , leur privilège de législation et de gouvernement, sans que la royale famille des Francs exerçât une plus grande influence jsur les populations du midi des Gaules. Cependant un triste drame se préparait, qui devait amener, par l'extermination de toute une race d'hommes , la domination momentanée des enfans du Nord dans cette belle terre.
La situation féodale et' politique de la Langue-doc ou de la Provence ' , offrait des traits particuliers qu'il est essentiel de signaler , 'pour bien comprendre les événemens qui vont se dérouler devant nos yeux^
Le comte de Toulouse , le plus puissant et
1 La Provence avait une circonecription bien plus étendue qu'aujourd'hui ; on la confondait souvent avec la Langue-doc , et on appelait Provençaux indistinctement tous les enfans du midi des Gaules , c'est-à-dire la vieille race visigothe.
NARBONNB. — BÉZiBRSi FOU. 3
le pins riche des barons de France, était seigneur suzerain de cinq grands fiefs qui dépendaient de son domaine. Le premier était celui de Narbonne , dont le sire prenait le titre de vicomte, et possédait les plus lacges prérogatives de la féodalité , même le droit de battre monnaie et de s'intituler par la grâce de Dieu. La vicomte de Narbonne était écbue en 1 180 à une noble héritière nommée Hermengarde , femme d'Aimeri de Lara, comte de Molina , en GastiUe. Don Pedro , Tainé de son lignage , lui avait succédé; mais par une cession &itè en 1 194 , il avait lui-même transmis la vicomte de Narbonne à Aimeri son fils , fiancé à Guillemine de Montcassin. '
Le second fief était la vicomte de Béziers , dont les comtés d'Albi et de Carcassonne relevaient; le seigneur se nommait alors Raymond Roger; il avait succédé à Raymond , premier du nom dans la race des sires de Béziers. *
Le comté de Foix se composait de six vassa-
1 Narbonne avait été d'abord la capitale du royaume de Septimanie et du marquisat de Gothie ou du duché de Narbonne ; elle formait une province ecclésiastique. Voyez Gatel, Mémoires sui: \ti comtes de Toulouse, p. 689. — a Dm. Vaissète , Hi&t. du Languedoc, a traité avec détail Tbistoire de la vicomte de Béziers.