EXTRAVAGANCES DU LÉGAT
bourgeois, si bien que, durant cette prédication, les kacs pris pour juges sur des points de foi, communiquaient les mémoires des prédicans catholiques aux fauteurs d'hérésie pour faciliter leur réponse. Enfin, dans un moment de fureur , le légat Castelnau fulmina l'excommunication contre le comte de Toulouse , et jeta l'interdit sur toutes .ses terres '•
La guerre étant ainsi hautement déclarée entre la cour de Rome , les seigneurs et les peuples de la Langue-doc, le pape se hâta d'écrire au comte de Toulouse et de le menacer de toute sa colère.
a A noble homme, Raymond, comte de Toulouse. Si nous pouvions ouvrir votre cœur, nous y trouverions les abominations détestables que vous avez commises. Quelle est votre folie, homme pernicieux! vous êtes déjà à charge sur la teire , voulez-vous l'être encore à IKeu? ne rougissez-vous pas d'avoir violé le serment prêté de chasser les hérétiques de vos fieft ! nous confirmons la sentence prononcée par nos légats. * •
1 Giiill. de Puy-LaoreD« , c. 9. Pierre de Vaulz-Gernay , c. 5. :^ Epiât. lonoc. UI, liv. x , ep. 67.
VE LÉGAT ASSASSITSÉ. 35
Le comteRaymonds^ soumit un moment aux ordres du pape, mais la mort violente de Pierre de Castehiau souleva plus imminentes les foudres de la cottr de Rome. Il parait que le légat n'étant point satisfait du zèle qtie dé^ ployait le comte dans la poursuite des héi-étiqoes, vint à Toulouse dans des transports de fureur , et qu'en présence des barons de la Langue-doc rassemblés, il le traita detyran et l'excommunia de nouveau *.
Raymond conserva beaucoup de sang-froid , mais il fil prier le l^at et ses collègues de quitter la ville et de se retirer à Saint- Gilles. De plus en plus irrité, Pierre de Casteinau déclara qu'il abandonnait la Langue-doc, et se mit en route avec son collègue. Les bourgeois de Saint "Gilles lui donnèrent une escorte de leurs hommes ; car Raymond avait dit :
« Us m'ont trop fait ..de mal , il faut que je m'en débarrasse. » Arrivés sur les bords du Rhône , au moment où Pierre se disposait à passer le fleuve, un chevalier qui l'avait suivi et s'était logé avec lui daus la même hôtellerie , lui asséna par derrière un grand coup de lance
i Pierre de VauU-Cernay, chap. 5.