‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 101 sur 129 · CE QUE VOULAIENT LES CONJURÉS · texte numérisé non relu

CE QUE VOULAIENT LES CONJURÉS

parvenues , éprouvent cette même crise daos la transition d'une époque dé liberté à celle d'un pouvoir absolu. Il se forme alors une ligue naturelle entre les individus en possession de leurs tieux droits d'indépendance contré le despotisme qui s'élève à leur détriment. Ce moment de crise passé , le despotisme prend possession paisible de fes conquêtes. On peut donc faire dater l'ère de la monarchie, de la bataille de Bouvine. Il y avait eu jusqu'alors une marche ascendante vers la centralisation ; elle devait amener nécessairement une lutte violente , jusqu'à ce que les usurpations fussent sanctionnées par la victoire, Philippe demeura vainqueur, et la cause de l'unité mon^archique se trouva décidée. Les plansdes confédérés étaient tous féodaux . Cet ai t lepur système de la conquête germanique qu'ils voulaient ramener ; un partage de terres, un suzerain élu par ses égaux , une invasion des bénéfices ecclésiastiques, en un mot, tout ce qui avait accompagné l'apparition des Francs Austrasiens et Neustriens dans les Gaules romaines. Que serait-il résulté d'une victoire en faveur des confédérés ? le retour vers le gou-

3oO RBStJLTAW POUR l'eMPIRE b' ALLEMAGNE.

verfiem^nt militaire et féodal , les lois de la tedare et dé la suseraineté élective dans âne race nouvelle.

La bataille de Bouvine affermit donc le sceptre dans les mains de Philippe- Auguste, et le per|)étua dans sa famille; il put transmettre une autorité consacrée par la victoire et fortifiée de. l'affaiblissement même de Uiotes les rësis* tances qui jusqu'alors s'étaient opposées à 9e» desseins, car tout n'avait été encore que tentatives, et ses efiSorts pour organiser un pouvoir central u'avaieiit produit que des ré-* sultats imparfaits. U put dès ee moment les compléter.

DansTEmpire, la bataille de Bouvine opéra une véritable révolution. Après le terrible éebec prouvé par Otbon, ce prince abandonné de tout ae|i amis se retira dans«çm ducbé héréditaire de Brunswick. U renonça k la pourpre impériale, et ne songea plus àânquiéter la France ou à s'opposer aux droits de Frédéric II. Ainsi le formidable voisinage de l'Empire cessa d'être tm sujet d'efl^oi pour Philippe^uguste. Frédéric même occupé de ses projets sur l'Italie ne fit aucune tentative menaçante pour la monarchie des Capets.

RESUI^TATS POUR L'ANGLBTEaRli:. 3of

Le roi Jean perdit à tout jamais ses fie& (le Fratice. Jusqu'à ce moment il n'avait pas désespéré de reconquérir ses belles terres de Normandie , de l'Anjou et du Poitou ; chaque année il quittait les rirages ^d'An^ gleterre et Tenait réveiller les souvenirs de sa cause sur ces territoires abandonnés à. regret. La victoire de Bouvine le priva de tout espoir. Uallfdt bientôt avoir à êe garder dans Londres même ccmtre ces chevaliers français dont il se partageait d'avance les bons fie&, et l'Angleterre, ccunme au temps de la conquête des Normands ^ous Guillaume, devait voir les terribles batailles dei hommes du Continent. La guerre changeait ainsi de caractère. Philippe -Auguste n'avait pins à se' défendre pour conserver , mais à combattre pour acquérir.

LaFlandre étaitton^edans unesujétion pluè complèteencore; la seigneuriemédiatedu comte s'était, pour aînn dire, effîicée; 11 gémissait captif dans une. tourelle ; l'autorité de sa femme n!était que nominale. D'après le dernier traité lopins grand nomiurede^ohAtelains delà Flandre avaient des rapports directs de féodalité

Page 1