FLANDRE ET PETITS VASSAUX
ayecleroicleFrance,qu'il8devaient8ervîrmême contré leur droit sire. Les fortifications des villes étaient condamiléeé à une entière destiniction. Beaucoup de seigneurs flamands partageaient la captivité de leur comte. Rien n était donc plus à craindre pour la monarchie sur cette frontière.
L'effet moral de ce grand événement militaire sur la masse des petits vassaux fut peutêtre plus décisif. Qu'auraient pu tenter les sires de quelques châtellenies isolées contre leur suzerain victorieux à Bouvine? A partir de celte époque , la puissance royale put exécuter sans résistance ses projets de confiscation et de main-mise féodale sur la plupart des terres de sa suzeraineté. Le clergé fut reconnaissant et servit les idées absolues d'un roi dont les armes l'avaient défendu contre des réfi[>rmateurs , qui se glorifiaient déjà de partager ses riches nianoirs.
A toutes les époques , on a dû remarquer la tendance des clercs à exalter l'autorité royale, pourvu que c^tte autorité se proclamât ellemême fille soumise de la pùissapce ecclésiastique : l'Eglise marche toujours avec des idées
BOtJVINE ET WATERLOO. 5o3
de commandement, d'obéisaance et dedevoir«, et elle ne peut que difficilement s'accommoder de ces autorités mixtes et pondérées , qui sont une heureuse réforme et une soiite de protestantisme en politique. Les prétentions de Philippe-Auguste furent soutenues par les clercs et les jurisconsultes; et, depuis la bataille de Bouylne, les textes de la Bible , les exemples puisés dans les royautés orientales de David , de Salomon et d'Assuérus, ne manquèrent pas pour soutenir les^desseins absolus du roi de France,
Il y a un fait remarquable dans l'histoire de notre France, c'est cette suite de coalitions formées contre elle , peur en démembrer le territoire, et dont elle est toujours sortie, sinon victorieuse, au moins forte et gi^nde. Il faut qu'il y ait dans notre agglomération politique quelque chose d'admirablement combiné pour secouer toutes ces invasions étrangères qui n'oût pu jamais se consolider , quoique les ambitions ne manquassent pas sans doute pour les rendre durables. La bataille de Bouvine ne se donna qu'à vingt lieues du champ funèbre où le grand capitaine de notre
5o4 BOCVlIfE BT WATBBLOO.
âge lutta une dernière fois pour les gloideosea destinées de l'empire contre une autre coalition si souvent vaincue *. Quels souvenirs !
quel rapprochement !
1 La bahdlle de Bouvioe est du 27 juillet >3i4 > celle de Waterloo est dii 18 juia 181 K^ ûit siècles aprè^^c^t pouràinsi dire jour pour jour !
GROI8AINS ro LOUIS VAW LA LANGUE^DOC» So5