‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 22 sur 129 · GUERRE EN AUVERGNE · texte numérisé non relu

GUERRE EN AUVERGNE

l'archevêque seigneur de Parthenay, T. Char bot, Guillaume Martel, B. de Maulevrier, (le mauvais Lévrier ) , Geoflfroy de Rançon.

» Tous ces nobles hommes ont juré de tenir la conveption de bonne foi. Les vassaux respectifs de France et d'Angleterre pourront, durant le temps des trêves « aller et revenir dans les terres des deux princes , excepté pendant les cours pléniêres, si ce n'est quelque marchand connu, ou quelque religieux et homme saint ; qiiant aux fiefs communs , on agira selon les anciennes coutumes.

» Le roi de Castille sera compris dans la trêve s'il en manifeste l'intention.

» Donné à Thouars , l'an du Seigneur 1 2o5 au mois d'octobre, sous le témoignage de l'évêque de Winchester , de Guillaume de Briewe , et de Robert fils de Guillaume. Émt à Thouars, de . la main de Hugues l'archidiacre *. »

Philippe profita de la lrêv# pour porter la guerre en Auvergne. Cette terre était alors soumise au comti^ Guy, jovial, buveur, mais grand pillard d'é^se. • Il osait dépouiller, dit un

1 Duchesn. scripior, rerum. norman.^ p. 1061. T. IJl. 4

50 CONFISCATION SUR LE COMTE d'aUVERGNE.

chroniqueur, les saints couvents de leurs biens, sans même songer à ménager les vases consacrés, et il confisquait à son profit tous ^men$ des monastères ' , » le vin du et la cbasse bénite. Les dévots chede France marchèrent donc contre e Guy, Après une courte résistance , il tut privé de ses fiefs. Le roi les confisqua à son profit , et les accorda au comte de Dampierre : second exemple d'un jugement de confiscation prononcé par le roi et sa cour contre les possesseurs* de fiefs. L'ancien comte d'Auvergne vécut retiré sans jamais obtenir la restitution de se» terres. Il donnait de grands coups de lance en l'honneur des dames, s'aflligeantde ce qu'un autre s'engraissait de ses biens, etde ce que la famille de Dampierre jouissait de son beau château, commandait à ses hommes d'armes; « il n'avait. d'autre consolation , dit Guillaume-le-Breton , que de voir tomber pour un crime semblable le misérable comte de Toulouse que Ton appelle encore , je ne sais pourquoi , comte de Saint-Gilles. »

C'était dans ces circoniitances que le pape

1 Guillaume-ie-Breton , Philippeide, chant 9.

PARLEMENT DE VILLENEUVE-LE- ROI. 5l

faisait un appel au roi et aux barons de France et d'Angleterre pour les convoquer à la croisade contre les Albigeois. Maître Milon , légat du Saint-Siège , et l'abbé de Citeaux , é son délégué , s'étaient acheminés ven plénière de Philippe de France , alo à VilleneuveJe-Roi , près de Sens, l revêtus des insignes de légat , et l'appareil des pompes cléricales; partout sur leurs passages, ils furent Tobjet des respects et de l'hommage des populations; les chevaliers vinrent au-devant d'eux, et les accueillirent avec honneur : on comptait en cette cour le duc de Bourgogne, les comtes de Nevers et de Saint-Pôl, et beaucoup de nobles hommes alors rassemblés pour délibérer avec leur suzerain sur divers objets relatifs au gouvernement du royaume ".

Les légats exposèrent l'objet de leur mission, remémorant au roi et aux princes les lettres pressantes du* pape qui les appelaient au service de la religion contre les rebelles et hérétiques de la Langue-doc. Philippe répondit

I Pierre de Vaulx-Cernay , cbap. lo.

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