RÉPONSE DU KOI SUR LES AIB1GB0I
avec grand calme : «Seigneur Légat, bien avez fait de compter sur moi pour secourir sainte mère l'Eglise, mais j'ai à mes flancs deux grands et terribles lions : savoir, Othon d'Allemagnje qui se dit empereiu:, et Jean d'Ajigleterre, lesquels de leur côté travaillent de toutes leurs forces à porter le trouble dans le royaume de France; ainsi d'aucune façon ne veux sortir, ni laisser aller mon fils. Quant à mes barons , je leur octroie licence et permis d'al-* 1er contre les hérétiques et seconder sainte Eglise '. »
Alors les barons s'écrièrent : « Bien dites, sire roi : allons châtier ces légers et vaniteux Provençaux * ; allons faire cesser ces complaintes pleines de licence et dé propos contre l'apostole de Rome. »
Pour s'expliquer l'enthousiasme qui saisit toute la ^eice des barons francs contre les Provençaux Albigeois, il faut se rappeler, que l'esprit religieux du temps était ici secondé par les différences caractéristiques qui distinguaient les deux populations, différences
1 Ibid.
a Le pape se scrvjit daaâ ses bulles de l'expression méchante y et perverse y race de provençaux ^
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qui étaient loin encore d'être effacée». La Provence ou la Langue-doc ne faisaient point partie de la France : les Provençau'x se moquaient de la gravité sérieuse de tout le haut baronnage du nord ; ces barons à leur tour lançaient de gros jurons chevaleresques contre les histrions du midi et leur parure efféminée; les moines , les évêquesfi'ancs censuraient leurs mœurs licencieuses et leur vie de plaisir : c'étaient encore deux races d'hommes conservant les caractères distinctifs d'une origine différente. La guerre contre les Albigeois était une nouvelle invasion de la race franquedans le midi de la France, parmi ces populations que la puissance de Charlemagne avait un moment domptées, mais qfli avaient secoué presque aussitôt le joug des enfans du Nord.
L'appât des fiefs confisqués dans cette belle terre de Languedoc , fertile en toute chose , de ces riches cités commerçantes et civilisées, bien autrement agréables que les sombres donjons de Montfort ou de Ne vers , était bien capable aussi de réchauffer les dévotions tièdes et les imaginations sans enthousiasme. Il y avait, comme on le voit , bien des motifs , outre le sentiment
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religieux, pour eutratner les paladins de Finance contre le» hérétiques albigeois.
Les chefs principaux qui prirent la croix en cette expédition, furent Eudes, duc de Bourgogne, le comte de Nevers , le comte de Saint-Pôl , le comte deMontfort et celui de Bar-sur-Seine • *Au devant d'eux marchaient , précédés de la croix des pontifes, l'archevêque de Sens, l'évéque d'Autun et de Clermont, C'était une grande partie de la chevalerie de France proprement dite; les barons n'avaient en partant ni roi, ni chef unique à leur tête; ils formaient comme une de ces expéditions irrégulièrçs, de ces invasions armées , de population contre population , qu'on ne vit plus ensuite lorsque rautorité«>yale, prenant une attitude forte , imprima aux expéditions militaires , comme au système du gouvernement, un caractère d'unité.
Eudes lil, fils de Hugues et d* Alix de Lorraine, l'un des principaux barons qui avaient pris la croix^ gouvei nait le duché de Boiu'gogne depuis X 1 95. L'un des pairs de la cour de France, il avait participé, en cette qualité, au jugement de confiscation prononcé contre le roi