‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 38 sur 129 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Pensées de Philippe- Augusfte en apprenant Féleétion de Montfort; — Droit féodal. — Le Comte Rayvdond |>rei^d en main la cause des Provençaux hérétiques. — Conquêtes des Francs. — Les Ducs de Bourgogne et de Nevers se retirent. — Ligne contre le Comte de Toulouse. ^ Le Comte âi la cour de FeaAce. — Soumission des villes de la Langue-doc k Itontfort. — Mjort du Vicomte de Béziers. — Refus des supérieurs de recevoir l'hommage. — Voyage du Comte de Toulouse ti Rome, en Allemagne , et en France. — Son retour dans la Langae^doc* -^ Exploits de Montfort. — Excommunications. — Guerres et nouvelles batailles. — Les Fqpincs envahissent les terres de Toulouse. — Hommages. — Monfort est attaqué dans Castelnandari. — Soumission de la Provence aux l>aron8 francs. — Nouveau règlement de police pour les terres de la conquête.

La prise de Carcassonne et de Béziers, Félévation de Montfort à la seigneurie de ces vicomtes, avaient peu d'importance pour Philippe-Auguste. Carcassonne ne relevait point des domaines de France ; elle était dans les suzerainetés des rois d'Aragon j Philippe n'avait pas dès-lors à s'occuper des changemens arrivés dans cette hiérarchie féodale. II y avait même

QUESTION SUR l'hOMMAGE DES ViCOMTiÉS. 83

quelque avantage à ce qu'un bai'on de la race franque, vassal de la couronne, devint possesseur d'une belle seigneurie dans la Provence; car c^ rapprochait encore de la suzeraineté royale cette terre de la Langue-doc qui s'en était toujours éloignée par ses mœors , ses lois et ses habitudes. Pour la vicomte de Béâers , %mon de Montfort relevait fëodalement du comte de Toulouse , et ne devenait par conséquent qu'arrière feudataire de la couronne de France , ce qu'il était déjà pour le comté de Montfort l' Amaury. Ce changement importait donc encore très-peu au roi Philippe.

Tous les efforts du nouveau vicomte de Béûers et de Carcassonne devaient tendre à .être admis à l'hommage de ses nouvelles terres par le roi d'Aragon et le comte de Toulouse, car cette formalité féodale changerait en un droit reconnu , une simple possession de fait , queseule il pouvait alors invoquer. Ce résultat , comme on le sent, était difBcile à obtenir. Le vicomte de Béziers était tout à la ibis proche parent du roi d'Aragon et du comte de Toulouse, qui partageaient ses doctrines et pleuraient ses malheurs. Tous apparlenaient a une commune

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race , tous aTaie0t les mêmes habitudes, et la même faiblesse pour l'héréâe. G>mment donc espérer qu'ils reeoûniâtraient cette possession de fait d'un baron franc usurpée tout À coup dans les terres du Midi ?

La force seule « les exploits édatans qui, dans ces temps de violenoet lé^timent tout, pouvaient assurer à Montfort la paiôble pos* session de ses terres. Après s'être acquis l'appui de l'Église, en établissant un cens annuel en &veur de la cour de Rome \ il s'efforça d'af* fermir son autorité par la conquête. La chose devenait cependant difficile, car la plupart dtt croisés, ayant fini leur temps de service, selon leur devoir fiéodal, parlaient de quitter les terres de la Tjangue-doc. La trahison* dont le légat avait usé envers le vicomte de Béziers , éloignait de cette entreprise toutes les âmes un peu élevées. Le comte de Neveirs déclara hautement qu'il voulait rentrer dans ses domaines avec ses hommes d'armes. Vainement lui remontrait-on que les castels de Mi-

1 C'est dans cette charte quUl prend pour la première fois le titre de vicomte de Béûers et de Garcassone. Prenves de l'Hiat, du Languedoc, par Dm« Vaissete, fol. 3. colonn. ai3.

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