REFUS SU COMTE DE TOULOUSE
d'envahir ses terres comme celles d'un relaps et excommunié \
Raymond répondit qu'il ne ferait point ce qu'on lui demandait; qu'il n'avait rien à démêler avec Montfort et Tabbé de Citeaux ; qu'il se plaindrait à sou suzerain, le roi de France , et même au pape, des vexations qu'on avait commises ^ans la Langue-doc , sous prétexte de Fhérésie : en même temps les consuls de Toulouse déclarèrent , de concert avec tous les habitans, qu'ils n'avaient point parmi eux d'hérétiques. Gela n'empêcha pas que le légat n'excommuniât les citoyen*, et ne jetât l'interdit sur la ville.
Pendant ce temps Montfort aidé des hom* mes du duc de Bourgogne, soumit les petits châteaux qui environnaient Carcassonne et couvraient l'Albigeois. Les bourgeois de Castres vinrent lui faire une volontaire soumission'; or il était toujours d'avis de brûler les hérétiques; voici donc quelle fut la déci-
1 Manda sas lettras et messagia al conte Ramon al Toulosa et a!s habitans daquelas per aver heretica, car autrament avez délibéra dcli corre sus et sei terra, col. ao.
a Pierre de Vaulx-Cernay, cbap. aa.
CONQUÊtieâ BBS CltOÏâÉS. 87
Sien de Montfort sur un cas particulier qui lui fut soumis. Comme on lui prééeâta deujL hérétiques dontFun étét parfait et Tautre néôphhe ou dîsâpte , il ordonna dans son conseil de chevalerie qu'ils fussent tous deu^ brûlés. Le néophite éproutant utre vive contrition voulut se convertir. On retourna prendre Favis du comte; or celui-ci décida qu'il devait néanmoins êti-e livré au bûcher , parce que slî était réellement repentant, le feu lui servirait d'expiation^ et que s'il avait menti, il paierait le talion de sa perfidie ' ; ce qui fut ti^appiaudi.
a A son retour de Castres, on résolut dans Farm^ catholique d'assiéger le château' de Cabaaret , pour voii* sif d'atentùre où potn'i^ait le forcer ht se r^ulre. Le léBdemaiti le^ hofùmes d'armes s'en afpprochèrent^ ptns aljrant' donné l'assaut, et voysmt qu'il ne profitait guère, ils retotumèrent à leurs tentes \ »
Leducde Bourgogne, après avoir accompli son temps^ pèlerinage, voulut auksî se retirer avec ses chevaliers, et eto effet le troi^ièhie jour il quitta l'armée, Montfort resta donc seul et
i Pierre de Vaolx-Cernay. Jbid.