CONCESSIONS DE TERRES AUX FRANCS
que pour cas de trahison , vol et rapine. 11 fut dit encore que Simon de Montfort serait tenu de garder envers les chevaliers de France les mêmes devoirs que les seigneurs supérieurs observaient dans les environs de Paris envei^ leurs vassaux. De nombreuses terres confisquées furent , à la suite de ce parlement , inféodées par le comte Simon en faveur de ^e»
vaillans compagnons. De là , sans doute , ces noms de race franque qui se retrouvaient dans les derniers temps en la province de la Languedoc, tels que ceux des Levis et des Voisins '•
Ces changemensdéfînitifs, dans undes grands fiefs de la couronne, ne pouvaient s'opérer sans appeler rattention de Philippe-Augustç. Ce n'était plus seulement la vicomte de Carcassonne et de Béziers , qui passait en d'autres mains , mais la plus riche , comme la plus étendue des vassalités de la couronne qui changeait de maître, sansqueleroidesFrancs, seigneur suzerain, eût été partie en rien dans cette mutation, sans qu'une intervention quelconque l'eût sanctionnée. Le comte Raymond était cousin durci
1 Voy. Gssen franc -aleud. ^ l. a, c. 4 et suiv. Dm. YaissètCt Hist. du Ijangucdoc , t. 3, p. 234.
INTERVENTION DE PHlLlPPE-AUGUSTE. liiS
deFrancequilul avait promisappui; et, bien que sa conduite incertaine, lâche ou folle, ne méritât dans cette circonstance aucun intérêt, le suzerain ne pouvait voir dépouiller un parent de sa race, un grand vassal de sa couronne, sans le jugement de sa cour dans la forme féod^ale.
On pouvait bien dire que la domination franque dans les provinces méridionales rattachait de plus en plus ce fief éloigné à la cou-« renne des Capets, fils eux-mêmes de cette race , qu'elle effaçait ainsi les petites nuances qui pouvaient rendre l'exercice de la suzeraineté difficile sur des terres éloignées ; mais tout cela s'était opéré sans que le roi eût été consulté, et ce fut sur ce point que ses plaintes portèrent. ^
Philippe* Auguste écrivit, en effet, au pape dans les termes d'un juste étonnement sur la cbnduite de Montfort, en ce qui touchait le comte de Toulouse : » Je ne pense pas, disait-il, qu'on vemlle me dépouiller du droit de ma stizeraineté, et certes la Langue -doc n'a pu changer de seigneur sans ma participation, i
Le pape répondit : « Le comte de Toulouse s'étant présenté autrefois devant nous , a tâché