CHAPITRE XXII
Rapports de Philippe- Auguste aTecTADgleterre. — Double élection d'uQ archevêque de Gantorbéry.— Le pape choisit de sa propre autorité. — Le roi Jean no Teut pas reconnaître ce choix, ^o Fureur du roi contre les religieux de Cantçrbéry. — Il chasse évèques, clercs, et prend les biens des églises. — Interdit. — Les Anglais affrancljiis du serment de fidélité. -^L'Angleterre est donnée au roi de France. — Philippe-Auguste se prépara à une expédition. — . Jeap invoque l'appui des Sarrasins.— Il veut leur faire hommage.--Befus. — Il recourt au pape. — L'Angleterre fief de l^glise romainei— Foi et hommage du roi Jean dans les mains^ du légat. -^ Philippe-Auguste est sommé de se désister de sou expédition contre l'Angleterre. — Mécontentement du roL — Rupture avec le comte de Flandre.
Depuis la trêve conclue entre Philippe- Auguste et le roi Jean en 1 2o5, les rapports politiques de la France et de l'Angleterre avaient été presque sans aucun intérêt. Quelques hostilités commises dans le Poitou par cette chevalerie insubordonnée qui remplissait les castels et les manoirs , des pirateries sur les terres de Normandie avaient seules signalé les inimitiés
RAPPORTS DE LA FRANCE ET DE h ANGLETERRE. 1 2J
héréditaires des Plautagenels et du rai de France. La croisade contre les Albigeois occupait presque ioule la chevalerie , et il eût été dif* fidle de réunir sous les gon£inoii8 royaux , les possesseurs de fiefs tenus aux services militaires envers la couronne.
Ce fut dans ces circonstances que les troubles d'Augletei^re, les difïérens de Jean avec les moines, la cour de Rome et les barons, donnèrent un moment à la chevalerie de France , l'espérance de posséder les terres d'ontre-mer, autrefois conquises par les Normands y on va voir dès celte époque se préparer les causes de l'invasion d'Angleterre, par Louis , fils de Philippe , et cèkte conquête qui plaça quelque temps la couronne des Kantageoets sm* cette jeune tête royale.
L'archevêque de Cantorbéiy exerçait une immense influence sur les destinées religieuses de l'Angleterre \ Primat du royaume, il pouvait lancer des interdits , disposer des revenus des monastères les plus inches en terres et familles de serfs, non- seulement de l'Angle-
1 Le docteur Lin^ard , n'a donné sur tout ceci que 4c faibles et obscures explications, et toujours avec ses idées papistes*