‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 62 sur 129 · IJ2 FERNAND ET LES COMMUNES DE FLANDRE · texte numérisé non relu

IJ2 FERNAND ET LES COMMUNES DE FLANDRE

la restitution à sou domaine des villes d^Àire et de Saiht-Omer cédées aux comtes de Flandre par le traité de Péronne,

On a vu que , dans les premièrestguerres des comtes de Flandre contre le roi, un traité solennel avait consacré cette cession de deux villes importantes de la frontière. Philippe avait été obligé de signer ces stipulations par suite dés invasions menaçantes du roi d' Anglesterre* Il désirait donc obtenir leur rétroeession cotnme prix de Finvestiture concédée au nouveau comte.

Il s'y prit, le roi Philippe, d'une manière toute violente; il invita Fertiand et «a femme à PércHine ; il fit fermer les portes dès qu'ils forent entrés, et les contraignit à «igner , en faveur de la France, l'abandon dés villes in-diquées; la comtesse scella la charte, mais Fer^ nand parvînt à se sauver à travers champs. U se présenta devant Lille , Courtray , Yppes , Bruges, il s'y fit reconnaître pour leur droit*sire. De là il se rendit à Gand; mais les bourgeois hissèrent les pOnts , attendu qu'il n'était pas accompagné dç la dame de Flandre sa femme , l'unique seigneur qu'ils pussent recevoir ; Fernand répondit avec quelque fierté à ce

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refus , mais biai lui en prit de s'enfuir en toute bâte ; les bourgeois mirent contre lui des archers en campagne , et si le comte n'avait pas rompu le pont de Courtray , il serait tombé dans leurs mains et ils lui auraient fait un mauvais parti'.

Fernand arriva donc à Douai tout essoufflé et plein de fî^ayeur; ce que la violence n'avait pu obtenir, la situation du comte le commanda; s'il n'avait ni l'appui des cités, ni celui de son suzerain, sur quoi pouvaitil compter pour occuper paisiblement la Flandre? Fernand sentit donc sa position; il céda à perpétuité les villes d'Aire et de Saint-Omer au prince Louis, fils de Philippe- Auguste , et celui-ci à son tour renonça à toutes ses prétentions sur le comté. En conséquence de ce traité , Fernand fiit reconnu grand tenancier pour la Flandre , reçut l'investiture de la main duroietluifithommagedeses terres*. M^iscette nécessité^ il la subit avec douleur, et quoiqu'il suivit le gon&non du roi de France , son afFec-

1 Bacel , annal, flaadref» p. a5a, a* part.

3 Gailand, preor. des droits du roi sar la Flandre, p. liS, — Trésor des chartes du Roi, article Flandr., a» sect., act. i et 7, In- Tent. des chartes, vol. i5, p. 993.

174 RAPPOITS D« FBRNàND AVEC l' ANGLETERRE.

tion et son intérêt le porlaîent vert TAn^terre et TEmpire , avec lesquels des traités secret» le liaient depuis quelques années.

Philippe n'avait pas eu grande confianoe dans les promesses de Femand ; il avait obtenu les chartes des principaux chatelaiiu de Flandre « le sire de Gand , et de Nesle, par lesquelles ils s'engageaient à servir le roi, même contre le comte leur droit seigneur ' ; on sent bien que tout cela n'était pas capable d'entretenir de bons rapports d'intelligence entre le suzerain et son nouveau vassal.

La soi^tie violente de Philippe- Auguste contre Femand « dans le camp de Boulogne, venait donc d'une conviction intime que ce comte était le secret allié de l'Angleten^e ; elle suffit dans ces âmes bouillantes et chevaleresques pom* amener une complète rupture. Les Flamands quittèrent le gonfanon de France , et se retirèrent dans leurs villes fortifiées.

L'expédition d' Angleterre étant tout - à fiât interdite par les injonctions du pape , le roi Philippe résolut de porter toutes ses

1 Trésor des chartes da Roi , Article-Flandres, a? sac. act a, In vent, des chartes du roi, v^ i5, p. 994.

DÉPART DELA FLOTTE DE f^ANCfi. lyS

forces sur la Flandre , pour se venger de ces alliances cachées dont il soupçonnait l'existence. La flotte , composée de dix-sept cents barques fportant environ quinze mille lances/ prit la mer, se dirigeant vers lé Nord. C'était pour la première fois, depuis la conquête de l'Angleterre par Guillaume , qu'une si nombreuse flotte quittait les ports de France; la navigation était peu connue , les marins peu cfxpérimentés ; aussi les navires longeaient le rivage et ne s'écartaient pas des côtes. Sur chacun d'eux était un petit nombre d'hommes d'armes y leurs chevaux sanglés, comme ils le sont encore aujourd'hui , lorsqu'ils traversent les mers; quelques pirates de la Normandie et de la Bretagne qui s'étaient fait une habi* lude des j^érils de la navigation , allaient en tète; le roi de France en avait pris un grand nombre à sa solde.

La preinière station maritime fut à Calais; on vint ensuite débarquer les chevaliers à Gravelines, en longeant toujours (e rivage. Le roi prit possession de cette cite et de ses ricbes dépendances, qu'il inféoda au prince Louis, son fils. » Les navires, sillonnant les flots de

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