BRABANT
d'affaiblir la puissance cléricale dans les états, chrétiens. Des parlemens s'étaient réunis; les envoyés respectifs avaient longtemps délibéré sur les moyens de pousser la guerre avec vigueur : Othon, les comtes de Boulogne et de Flandre, étaient convenusdesprincipales résolutions de la bataille. Dès le mois de mai, les forces féodales convoquées se rendirent en foule sous le gonfanon de leur suzerain ; Othon plaça ses tentes de jonc et de paille sur les bords de l'Escaut et à Mortagne.
Henri, comte ou duc de Brabant, formait la tète de l'armée * j il commandait à mille lances, toutes aguerries : le sire duc était tout à la fois beau-père d'Othon et gendre de Philippe-Auguste; il avait mieux aimé se ligueravec la grande confédération des seigneurs que de suivr/ele roi de France à la guerre. Ses chevaliers étaient campés sur la frontière même de la Flandre.
Derrière ce premier camps'élendait la troupe des chevaliers lorrains, sous les ordres de Thibaut, leul* duc; on disait dans le camp que ,
I Terrîtal inprimis nostri confînia regni
Othonis socer HenricuS) cui mille catervas Ezhibet
(GBie.-lcfBrctoa , ch. x.)
LES LORRAINS. LE 81REDES ARDBNNES. SAXONS. 2 55
SOUS un air simple, les hommes de Lorraine cachaient beaucoup de ûij^esse'. Us étaient en général d'une stature élevée; leurs armes étaient pesantes et leurs chevaux bardés de fer.
Le duc de Liùibourg, sire des Ardennes, conduisait un corps de lances très-nombreux, ses vassaux étaient de vigoureux tireurs d'arbalètes, habitués à la chasie^diji saoglier et à tous les exercices et les périls de ces poursuites' dangereuses. Les farouches châtelains des Ardennes se plaisaient au milieu des batailles. Le duc de Limbourg suivait les éten» dards de l'empereur, dont il était l'hommelige; mais son fils Galerand avait pris le parti du roi de France*.
Les Saxons avaient dressé leur camp non loin des Ardennois. Fidèles à leur ancien duc Othon élevé à l'empire', ils couraient satisfaire dans les champs de la France leur vieille haine contre Cbarlemagne qui les avait refoulés dans la
1 Qai, cbm Biniplicibas soleant termonibiis uti,
NoD tamen io factU ita delirare Tidentur. Ibid.
a Nec tamen ipsius Galeranut filins ipso
Cum pâtre dignaïur Othonu fautor haberi,
Régis amicitiam et Francorum perdere nolens. Ibitt,
5 L«tiùs arma moveht Ibid,
^56 I«E& C* »£ FRI8B, D£ FLANDHE , DE SARISBVRY.
Prusse il y avait moins de trois siècles. Les WçstphaUens marcdiaiont après eux sour les ordres de Conrad.
Les comtes de Frise el de Hollande avaient convoqué sous leurs gonfanons une race de chevaliers hardis mais barbares : quinse miUe lances s'agitaient au soh des cornets à bou^ quins et d'uiie sorte de trompette de cuivre naguère inventée à Utrepht.
Le comte de Flandre était à la tète de troupes nombreuses et pleines d'ardeur . Outre ses cbevali^^s possédant fiefs et châlellenids, il coniiptait sous ses bannières les sergens d'armes des communes d' Ypres, de (iand% de Lille, de Bruges, d'Oudenarde et de Courtraî; toutes ces cités se souvenaient que naguères le roi de France les avait soumises à des levées d'argent, à des tributà , et porté la désolation dans leurs murs\
X^e courte de Sarisbury conduisait quatrevingt-dix mille Angl^iç débarqués sur les
Miliia , qu» portis vomuit GanâaYus apertis. Ibid»
Corde tenéns DKemori quales eisolverit aano PraeterUo, pœnas quantag perpessa sit ipsa Jarturas tune pro mQritis a rege Philippo. Ibid^