LE COMTE DE BOULOGNE. LE SIRE DE BOVES
côtes de Flandre d'après le traité conclu entre Jean d'Angleterre et le comte Fernand ; cependant cette forte armée ne comp*^ tait que dix mille chevaliers, le reste se composait d'hommes des communes et de serrans de bataille.
Le jovial comte de Boulogne n'amenait avec lui que Hugues, sdgneur de Boves ; ses terres avaient été confisquées par le roi de France ; il n'avait pu faire ses convocations féodales dans ses fiefs et ses^ chàtellenies. D'étroitea liaisons unissaient ces deux chevaliers. Le comte de Boulogne avait abandonné sa femme pour faire entrer dans sa couche une douce mie 9 et celle-ci , abandonnant son propre mari pour des amours adultères, suivait son amant dans le camp det confédérés';
Toutes ces forces réunies s'élevaient, selon le» chroniques , à plus de deux cent mille combattans placés sous quinze cents bannières de toutes couleurs, où se trouvaient reproduites
Gojas germamm faciens tibi collateralem Participemque ton , meretricis cap tus amore , GircumdaGebas bellorum tempore in ipso, etc. i$id.
238 HAKANGUE d'otHON.
les armoiries des comtes , des patrons de villes, protecteurs des bourgeois.
Sur la coQVOcation de leurs barons respectifs, les chevaUers, hommes d'armes, se rëu- . nirent dans une vaste plaine aux environs de Mortagne ; Othon se plaça au milieu d'un groupe; il était au pied d'un char immense sur lequel planaient le% insignes de l'empire , Fétendard de pourpre, l'aigle d'or , vieux souvenirs de Rome, le sceptre surmonté de la boule ou bulle dont l'empreinj^e servait dô scel aux chartes impériales. Toute cette multitude armée défila devant lui ^ et les dievaliers poussèrent des cris d'armes de joie et d'ovation dans leur langue germanique.
Alors l'empereur réunit dans sa tente ses amis et leur dit ' : ce Sires comtes, vous savez que nous ne serons jamais tranquilles dans nos terres tant que Philippe régnera en France* Le pape , sûr de son appui , jette des interdits^
1 Je rapporte ici textuellement le discours que le chroniqueur poète, Gme-lc-Breton, place dans la bouche de l'empereur Othon. Il est emprcintde la couleur locale, mais je dois faire remarquer qu'il est très-possible que pour fen4^ odieuse ii TégHae et à la France la confédération , le chroniqueur ait exagésé les projets des princes et Tassaux qui menaçaient d'enirahir le territoire féodal.
PARTAGE Dli LA FRANCE. sSg
nous eiLcommunies dëlie nos sujets du serment de fidélité, car Philippe prend la cause des clercs, comme s'il s'agissait de ses propres intérêts' ; il se fait un jeu de dépouiller les grands et les nobles hommes; il ^'a pas craint de déshériter le roi Jean de tous ses fiefs de France. Il est donc nécessaire de nous en débarrasser par la mort. »
«Bien dites, répondirent les comtes. Mais partageons ses terres , le pays de France doit nous imjer de nos dépenses. »
Un piremier traité avait été conclu, comme on l'a vu , pour le partage des fiefs du roi Philippe , mais de nouveaux combattans étant accourus tous des chds qui n'avaient rien obtenu dans la première distribution, Othon procéda, de concertaveceuXfàunepluscomptète répartition des provincesdela conquête. «Renaud de Boulogne, dit-il, tu auras Péronne et tout le Vermandois; toi Femaïid, comte deFlaiidre, prends Paris et sa cofQté'; Hugues de Boves aura la seigneurie
1 Et cleri cansan propriam qaasi semper habente Nos ita praesumit anathemate Papa ferire Atqoe fide nostros proceros absolvere nostrà..