‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 93 sur 129 · LE COMTE DE BOULOGNE REND SON ÉPÉE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE BOULOGNE REND SON ÉPÉE

mîer coup sur le front et ensanglante son beau visage; il menace ensuite avec son coutelet la gorge du pauvre comte ; Tévêque de Senlis passait par hasard. « Las! sire ëvêque, ne souffrez pas que je succombe sous la main de ce maudit sergent. » L'évoque lui répondit: (c Cela ne sera pas, noble comte , » et il ordonna à l'homme d'armes de se retirer; puis, comme gage de foi, il ofirit son gantelet à Renaud , qui remonta avec peine sur un cheval que ses compagnons lui présentèrent ; il suivit Jean de Nivelle, qui était tout chagrin de ne pouvoir faire le vantar, et que Févêque de Senlis chargea néanmoins de la noble capture \ De toute la grande armée de confédérés, il ne restait plus dans la plaine que sept cents Brabançonnais enrôlés sous la bannière du comte de Sarisbury. Thomas de Saint-Valery s'élance sur cette troupe batailleuse ; il avait avec lui cinquante chevaliers preux et forts et mille sergens, de pied. « Ils se férirent sur eux comme le loup affamé se fert parmi les brebis ; n et, quoique ces chevaliers fussent très-fatigués des combats multipliés de cette journée, ils fi--

1 Chtonît^. de St.-Deniis. Ibid.

' 276 BUTIN SUR LEÇ Cœ9FÉ0B«£S.

rem iQ^rveUleMs^s proDesaes $uv h ebamp de bi^taille où Top nç voyait plu{» qve de^ fuyards'. Le$ trompettes et bucciuei^ se firent alors entendre pour annoncer la victoire LesFi-ançais ne i^ongèi^i^tplusqu'ii ramasser 4^ Vutin. tt Celui-ci se plaît à ^'euiparei- d'u» coursier, d'autres eulèvent dans les chaa>ps des armes abandonnées, Yun s'empare d'm^ bouclier, l'autre d'une épëe ou d'un casque, plus heureux encore .sont ceux qui pi'epuent quQlquesuns de ces ch^rs que les grands traînent avec eux et qui sont remplis d'or et de vétemensen soie ; cbacuu de ces chars , porté sur quatre roues, est surmonté d'une cb^ambrequi nediffèri^eu rien delà chambre nuptiale d'une nouyelle mariée ; tous tressés en osiers , ils ren- ferment des provisions de bouche et de pré* cieu% orneqieas '. A painc^ fl^ii;e dievaux attélés peuvent-ils suffire pour enlever les dépouilles dont ils^ont chargés. Quant auch|u:sur Içq^elOthon avait dressé sou dragon, insigne

1 Ghroûi^ue de Sbint-nenis, ibitU

s Rhedam quaf&qqe rôtis caméra introTecta qnatamU In nihilo patHur ihalamo differre superbo Qao oova nupta novum sibi vult bymecea parari.

GuUl«vQie*le*Brtloa, rhaot xtu

PtltSOlfliriERS ET COMMUNES. 277

dé Fempire, on le brisa à coups de hache; Tâiglé seul fut coâsiérVé; il àvàit les deux ailes fracassée» * : <>ti Ife deètinaît à Frédéric , le ciom- >

pétîteui* ffOthon pout* la pourpre impériale.

Lotsquè t6uà les barons fiireut rentrés sous leurs têntefe, le roi fit vetkir devant lui les nobles iiomïiîës pris durant la bataille; on compta cinq comtes, vingt- cinq châtelains ,

portant bannières, et une multitude d'autre»

revêtus de l'ordre de chevalerie.

Dans cetle mémorable journée de Bouvine les communes de France rendirent d'éminens services ; elles se portèrent partout où le danger était menaçante Lorsque le gonfanon royal , hissé e£i abaissé tout* à tour, indiqua le péril de Philippe- Auguste, ce furent les bourgeois (jiii coururent à son secours : les citoyens de Noyon , de Mont-Didier, de Solssons, d'Hesdin , de Crépi , de Vézelai , de Corbie , d'Amiens, de Beauvais, firent de grandes prouesses ; ei parmi les confréries portant bannières, celles des gantiers et des tféfileurs d'or montrèrent le

1 «Li char sur quoi li esteadars seoit fut dépeciez; 11 dragon fat desroutz et brisiez et li aigle dorée fut portée devant li roi. Si avait Wdeux des brisées. » Ghroniq. de St -Denis, ibid.

27Ô BONNE GQNDUITE DES BOUBGEOIS.

plus de déyouement et de valeur. Ces bons bourgeois furent un peu surpris, au commencement de la bataille, par Taspect des cbcTaliers bardés dcf fer, mais à la fin ils poursuivirent à coups, de pierres et d'arbalètes , les nobles hommes qui rougissaient de fuir ainsi devant vilains et gens de communes.

Page 1