JEAN EXIGE DES OTAGES DE SES BARONS
les abbayes, prieurés, épiscopats, pour se saisir, de leurs manses et en percevoir les revenus : Ainsi, tous les greniers, les celliers et les terres des moines, furent réunis au fisc. Les officiers du Tu exercèrent mille violences et personne ne rendit justice.
Jean était bien sans scrupule, mais il'n'était pas sans crainte, Il avait peur que le pape ne l'excommuniât en nom personnel, et ne dé- Jiât ses sujets du serment de fidélité. Cela l’inquiétait beaucoup. H prit la résolution d’exiger des otages de tous les nobles de’ race normande et saxonne. Deshommésd’ armeseurent ordre de sé rendre chez tous les possesseurs de: terre, et de leur demander un 'énfant à élever à la cour du prince. Quelques-uns cbéirent,
. d'autres refusèrent , et s'enfuirent en Écosse *:
Des monastères avaient violé la loi de linterdit ; une bulle sévère du pape limposa sous peine d’ excommuñication même contre * des abbés. A ce moment, venait d’être, intro- duite en Angletèrre ; malgré la Mrveilltuve des gardiens des. cinq ports, la sentence d’ ex-
* x Universos redditus ecclesiasticos confiscari prœcépit, 7 “ * 1 ou
2 Math. Paris ad° anne "1209. ë + Fo -
CRUAUTÉ CONTRE L ARCHIDIACREDE NOR WICH. 199
communication personnelle contre le roi Jean. Un petit nombre de clercs la lisait en silence et dans les lieux les plus secrets des églises. Personne n’osa la prononcer dans la chaire; tous étaient comme des chiens muets qui n'osent aboyer'; voici même ce qui arriva. L’archidiacre de Norwich parla tout haut à ses frères de la sentence du pape et de la nécessité de l’exécuter contre Jean d’Angleterre. Le roi apprit cette conversation ; or, il envoya Guillaume Talbot et quelquesuns de ses fidèles angevins auprès de l'archidiacre; ils se saisirent de lui, le mirent d’abord en prison, puis d’après un ordre exprès, ils l’enfermèrent dans un vêtement ou chape de plomb ; ; 11 y mourut de faim et sous le poids qui accablait son corps *.
S'il y avait des clercs assez hardis pour résis-
ter au roi, 1l y en avait d’autres très-comi-
1 Canes muti non audentes latrare. Ibid.
2 Misit Willelmum Talebot militem cum armatà manu qui ipsum archidiaconum comprehensum et vinculis asperrimis constrictum , sub carcerali custodiâ recluserunt; ubi post dies paucos, rege prefato jubente, capà inductus plumbeä, tam victualium penurià, quam ipsius capæ ponderositate compressus migravit ad Dominum. Ibid, |