MÉPRIS CONTRE LE CLERGE
de saint Bernard fut si peu satisfaisant que Île zélé docteur ne put s'empêcher de déclarer que la Langue-doc et la Provence étaient toutes mfectées , et qu’elles allaient dev enir une terre maudite de Dieu et des Saints”.
Ainsi les populations d’une riche province tendaient à secouer par l’'hérésie, sorte de protestation contre le système d'autorité, les lois générales de la société catholique. Les mœurs des habitans, leurs joyeuses satires contre le clergé, leur mépris hautement exprimé pour la cour de Rome, la liberté des opinions, tout cela était en opposition évidente avec les lois d’obéissance et d'ordre que l’église pontificaleavait établies; cette église était dès-lors menacée dans son existence même. Il fallait éviter que l'indépendance de lesprit ne s'agrandit, et ne donnât l’exemple d’une résistance générale aux volontés de la cour de Rome.
Il faut voir avec quel mépris étaient traités, dans la Langue-doc, les clercs et les évêques. Aucun chevalier, aucun homme de race noble n'aurait cherché à donner à son fils une éducation ecclésiastique ; lorsqu'on voulait insulter
1 Vita St.-Bernardi. 1. 3, chap, 6,