PRÉDICATION SANS SUCCÈS
une triste lecon. Il y avait cent maisons de chevaliers, tous fauteurs d’hérésie, et saint Bernard voulut porter un coup fatal à l'erreur en préchant au milieu de ces nobles hommes. A peine Avait-il commencé sa vive oraison, que tous, chevaliers et bourgeois, quittèrent l’église, et lorsque le saint homme se présenta sur la place publique on se prit à rire et l’on seretira. Le lendemain les hérétiques causèrent tant de bruit que personne ne put plus entendre, et saint Bernard se vit contraint d'abandonner le château de Verfeuil', en secouant la poussière de ses sandales, comme J.-C. l'avait recommandé aux apôtres.
Le prédicateur zélé dirigea ensuite ses pas sur Aïbi; tous les habitans avaient embrassé lhérésie; le légat du Pape, qui précédait saint Bernard , s'avanca vers la ville; mais, spectacle désolant pour les orthodoxes ! les citoyens vinrent au devant de lui montés sur des ânes en signe de moquerie; ils tenaient des propos joyeux, chantaïent des chansons populaires contre les clercs. Le succès de la prédication
x Guill. de Puy-Laur. , Chroniq. c. 1.