LE CHRIST ET LES SACREMENS
de Gomorrhe, submergé Pharaon et les Égyptiens sous les flots de la mer.
Le Christ, l’oint du Seigneur, dont parle lévangile avec ses actions toutes terrestres et son corps matériel, n’est point l’émanation céleste, le Christ intellectuel qui jamais ne mangea n1 but :.
L'église romaine était la caverne de fraude et de prostitution dont parle l’Apocalypse. Un vieux chroniqueur, fanatique pour la. cause du comte de Montfort, nous fait ainsi le tableau des croyances pratiques et de l’organisation intérieure des sociétés hérétiques. « Ces hommes mauditsannulaient lessacremens de l'église à tel point, qu'ils disaient publiquement que l'onde du sacré baptême ne diffère aucunement de l’eau des fleuves, et que l’hostie du très-saint sacrement est la même chose que le pain laïque et commun, distillant dans l'oreille du simple ce blasphème que le corps du Christ, quand bien même il contiendrait en lui l’immensité des Alpes, aurait été consommé par tous ceux quien mangent. Îlsavancaientde plus que la confirma-
1 Pierre de Vaulx-Cernay nous donne avec précision, mais sans philosophie , le tableau des doctrines des Albigeois, chap. 2.
HIÉRARCHIE DES HÉRÉTIQUES. 23 tion et la confession sont deux choses frivoles, et le sacrement du mariage une prostitution; que nul ne peut être sauvé en engendrant fils et filles ; ils prétendaient que nos âmes sont ces espritsangéliques qui précipités du ciel, comme apostats d’orgueil, ont laissé dans les airs leurs corps glorieux , et que ces mêmes âmes après une successive habitation en sept corps quelconques , doivent retourner aux esprits comme s'ils avaient parachevé leur pénitence. »
Les hérétiques ne reconnaissaient n1 prêtre ni hiérarchie ecclésiastique; 1ls se divisaient en deux catégories : les uns prenaient le titre déparfaits ou bons, et les autres celui de croyans. Les parfaits étaient vêtus de noir, observaient la plus sévère chasteté, détestaient l’usage des viandes, des œufs et du fromage, se refusaient au serment et à tous juremens. Les croyans n'atteignaient point encore cette perfection ; ils vivaient dans le siècle et placaient leurs espérances de salut dans les exhortations ét la conduite exemplaire des parfaits, I suffisait en mourant de la prière pour être sauvé.
«Lorsqu'un catholique orthodoxe voulait embrasser les croyances hérétiques , 1 s'adressait