LES VAUDOIS
à un parfait qui, élevant la voix, lui disait : Ami, si tu veux être des nôtres, 1l faut que tu renonces à la foi toute entière, telle que latient l'église de Rome. Le néophite devait alors répondre : Oui, j'y renonce. Le parfait lui soufflait sept fois dans la bouche. Renonces-tu, lui disait-il encore, à cette croix qu'en ton baptême le prètre t t'a faite sur la poitrine, les épaules et la tête avec l'huile et le chrême ; et 1l répondait : J’y renonce; alors il était consolé par les parfaits, c’est-à-dire qu'il recevait les enseignemens de la foi nouvelle :.
À ces sectes qui avaient évidemment leur origine dans les croyances secrètes des gnostiques et des manichéens, s'étaient jointes aussi les opinions des Vaudois, simple réformation morale; 1ls professaient la plupart des principes orthodoxes, mais ils combattaient la hiérarchie ecclésiastique, le luxe des autels, les richesses des moines. Nouveaux puritains, ilssoutenaient l'égalité des fortunes, le partage des biens, et posaient comme un article de foi que tout homme qui se croyait inspiré pouvait parler la
1 Pierre de Vaulx-Cernay, ibid. Comparez avec les interrogat.
MSS.des Albigeois par l’inquisition, biblioth. du roi, MSS.Colbert, n°. 1069.