‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 133 sur 336 · JEUNES HÉRITIÈRES DE FLANDRE · texte numérisé non relu

JEUNES HÉRITIÈRES DE FLANDRE

À la mort de Baudouin, la jeune comtesse était passée sous la garde féodale du roi de France, d’après la coutume que la tutelle des enfans en minorité appartenait au su zerain dans l'ordre hiérarchique de la tenure. Philippe voulait donner lhéritière d’un si puissant fief à quelqu'un de ces nobles les plus dévoués , de ces serviteurs de sa race qui pussent neutraliser l'importance féodale de la Flandre.

Enguerrand IL, sire de Coucy, veuf de Mahaud de Saxe, se mit sur les rangs pour obtenir la comtesse Jeanne. Le roi lui prêta son appui, et un traité préliminaire fut secrètement conclu afin d’assurer les rapports respectifs de la France et du nouveau feudataire.

On arrêta que Philippe accorderait au sire de Coucy l’aînée des héritières de Flandre, pourvu, cependant, que le noble sire obtint le consentement du comte de Namur et des autres barons, par des chartes appuyées de leur scel féodal; que si avant la Saint-Martin suivante , ce consentement n’était pas acquis, le roi ne serait plus obligé de tenir sa parole; le sire de Coucy s’engageait

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LE SIRE DE COUCY ET LES VILLES DE FLANDRE. 160 en. outre, si le mariage s'eflectuait, à payer au roi cinquante mille livres parisis, savoir : treñte mille, lorsque la damoiselle lui serait remise entre ses mains, et vingt mille un an après la consommation par corps et chair.

De plus, il devattwobtenir le serment d’allégeance de tous les barons , villes et communes de Flandre, en faveur du rot, leur suzerain ;/ que, pour la plus jeune des comtesses, elle ne-se marierait qu'avec le consentement et l'autorisation expresse de Philippe, et c’est sur sa dot que le sire de Coucy devait se rembourser des cinquante mille livres qu'il avançait; que si le consentement des villes et des barons n’était point acquis, les damoiselles resteraient libres d'épouser qui leur serait désigné par le roi’. »

Ce qu'on avait prévu arriva, les communes de Flandre ne voulurent point entendre parler du sire de Coucy ; elles avaient leur opinion arrêtée , et les intérêts de leur commerce appelaient un prince ou un baron anglais, car Cétait avec l'Angleterre que ces villes étaient principalement en rapport. Toutes

1 Duchesne, hist. de Guines, aux prenv, p. 360.

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