LE SIRE DE BOULOGNE
lippe avait hasardé quelque remontrance fort mal recue".
Un soir, il advint que la fille de Renaud ayant attemmt sa douzième année, le roi dit : « Beau cousin, je voudrais marier monsieur Philippe, mon fils, avec votre fille, et le comté de Boulogne viendra à leurs enfans. » Ah !'sire roi, répondit le comte, vous voulez encore manger ce comté et le transmettre en votre lignage. » Cette réponse déplutsmgulièrement au suzerain.
Voici quelle fut la cause de la rupture’. Le
1 On peut voir le portrait que fait du comte Renaud la chronique de St.-Denis : «Et volontiers grevait les églises, de quai il advenait qu’il était presque tojours excommunié ; les orphelins et les veuves mettait à pauvreté, tojours estait en haine vers ses nobles voisins, et leur destruisait leur maison et leur forteresse et bien qu’ileûtnoble dame espousée par eui il tenait la comté de Boulogne, il ne se tenait oncque à elle; ainsi menait après lui concubines apertement. Cbroniq St.-Denis dans Dm. Brial, recueil des historiens de France, t. XVII, P. 399.
2 Pour toute cette époque et surtout pour la bataille de Bouvine nous n’allons plus trouver que Guillaume le Breton , la chronique deSt.-Denis et Mathieu Paris.On m’a reproché d’avoir trop souvent emprunté mes récits au poëête biographe du roi; cette observation suppose qu’on ne connaît pas toute l'importance historique de ce poëme; Guillaume le Breton est plein de détails très-précieux sur les événemens qu'il raconte ; il suivait le roi et fut présent à toutes les guerres entreprises. Ego Willemus natione Armoricus ,