DESTRUCTION DE LILLE
roi, se réfugièrent dans la haute citadelle, où, bientôt assiésés, ils furent forcés de se rendre.
« À cette nouvelle Philippe part de son ch4teau de Vincennes. Sa chevalerie est peu nombreuse, mais vaillante. C'est Lille qui doit supporter les premiers coups de sa vengeance. Les Francais tombent à l’improviste sur cette partie de l'enceinte qui fait face au levant; ils brisent les barrières de fer, font rouler les portes sur leurs gonds, et avant même que les habitans aient monté sur les remparts ils pénètrent dans la ville, et répandent les flammes autour d'eux. Les maisons garnies de tours, et plemes de marchandises, sont abattues, et bientôt les étincelles volent au loin ; tout ce qu'il y a de beau dans l’enceinte des remparts, se trouve en un instant anéanti par la violence de l’incendie.
»5 En même temps que les maisons périssent, avec ceux à qui l'infirmité de l’âge, ou les faiblesses du corps refusent les moyens d'échapper au danger ; les bourgeois qui peuvent se sauver, fuyant à pied ou à l’aide d’un cheval vigoureux, évitent la double fureur des flammes et de l'ennenii, s'élancent le cœur rempli d'épou-