RETRAITE DES FRANCAIS
«Les Français ne poursuivirent les fuyards, que tant qu'ils purent s'avancer guidés par les lueurs de lincendie; le soleil ne pouvait lire à travers les brouillards. Les chevaliers tuèrent cependant un grand. nombre d’hommes , ét firent encore plns de prisonniers, que le roi vendit à tout acheteur, pour être à jamais serfs, les marquant du fer brûlant de la servitude. Aïnsi périt toute entière la ville de Lille, réservée pour une déplorable destruction ; car ce que la flamme ne put dévorer dans son enceinte, fut renversé par les instrumens de guerre. La tour même, que le roi avait construite pour maintenir les habitans dans l’obéissance, fut démolie. »
Après cette grande ruine de la plus noble des cités de Flandre, le roi vint abattre les murailles de Cassel , qui avait aussi menacé de se réunir à Ferrand. Tournai fut soumise par le comie de Saint-Paul, mais l’arrivée de la grande armée des confédérés, qui allait bientôt s'arrêter dans les plaines de Bouvine, força Philippe d'abandonner ses conquêtes el de songer à une prompte retraite.