HARANGUE D'OTHON
les armoiries des comtes, des patrons de villes, protecteurs des bourgeois.
Sur la convocation de leurs barons respectifs, les chevaliers, hommes d'armes, se réunirent dans une vaste plaine aux environs de Mortagne; Othon se placa au milieu d’un groupe; il était au pied d’un char immense sur lequel planaient les insignes de l'empire, létendard de pourpre, l'aigle d’or, vieux souvenirs de Rome, le sceptre surmonté de la boule ou bulle dont l'empreinte sergait de scel aux chartes impériales. Toute cette multitude armée défila devant lui, et les chevaliers poussèrent des cris d'armes de joie et d’ovation dans leur langue germanique.
Alors l’empereur réunit dans sa tente ‘ses amis et leur dit’ : «Sires comtes, vous savez que nous ne serons Jamais tranquilles dans nos terres tant que Philippe règnera en France.
Le pape, sûr de son appui, jette des interdits,
1 Je rapporte ici textuellement le discours que le chroniqueur poète, Gme-le-Breton, place dans la bouche de l’empereur Othon. Il est empreintde la couleur locale , mais je dois faire remarquer qu’il est très-possible que pour rendre odieuse à Péglise et à la
France la confédération , Le chroniqueur ait exagéré les projets des princes et vassaux qui ménaçaient d’envabhir le territoire féodal.
PARTAGE DE LA FRANCE. 239 nous excommunie, délie nos sujets du serment de fidélité, car Philippe prend la cause des clercs, comme sil s'agissait de ses propres intérêts’ ; 11 se fait un jeu de dépouiller les grands et les nobles hommes; il n’a pas craint de déshériter le roi Jean de tous ses fiefs de France, Il est donc nécessaire de nous en débarrasser par la mort. »
« Bien dites, répondirent les comtes. Mais partageons ses terres, le pays de France doit nous payer de nos RE »
Un premier traité avait été conclu, commeon la vu, pour le partage des fiefs du roi Philippe, mais de nouveaux combattans étant accourus sous des chefs qui n’avaient rien obtenu dans la première distribution, Othon procéda, de concertaveceux,àune pluscomplète répartition des provinces dela conquête. «Renaud de Boulogne, dit-il, tu auras Péronne et tout le Vermandois; toi Fernand, comte de Flandre, prends Paris et sa comté’, Hugues de Boves aura la seigneurie
1 Et cleri causam propriam quasi semper habente
Nos ita præsumit anathemate Papa ferire Atque fide nostros proceres absolvere nostrà..
LA. ORNE ER Quod tu, Reginalde, Appropries tibi cum totà Viromanne Peronam , Parisium, Fernande, tibi concedimus; . . . . .