LE LÉGAT DANS LA LANGUE-DOC
à ne pas jurer ni mentir à n’avor” de commerce charnel tout le temps de leur vie et à ne jamais abandonner la secte par la crainte dela mort. Après cette cérémonie, on leur souffla trois fois dans la bouche, et le chef des hérésiarques fit une lecture de l'évangile en tenant le livre ouvert sur la tête des nobles adeptes. Le comte de Foix, frère d’Esclarmonde, les bourgeois et chevaliers prirent part à cette cérémonie, tous adorèrent le prédicant, excepté le Comte *.
Revêtus d’un pouvoir absolu, le premier soin des légats fut de rassembler les notables de la Langue-doc, les barons, capitouls, bourgeois, afin de leur demander compte de leur foi reliieuse. “Is s’occupèrent aussi de la réforme du clergé. «Clercs, évêques, abbés, courtisaient femmes et filles de joie.» L’archevêque de Narbonne fut accusé et convaincu d’avoir négligé de visiter son diocèse depuis treize années et d’avoir ainsi laissé s’accroître les désordres. Ce prélat entretenait à sa solde l’Aragonais Nicol,
1 Procédure de l'inquisit. dans la Langue-doc , MSS. Colbert, n°1067 , et dans les archives de l’inquisition de Toulouse. Preuves de l'Histoire du Languedoc, t. 2.
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PRÉDICATION DE ST. DOMINIQUE. 53 et faisait ranconner tout le pays, arrêtant les passans sur les grandes routes. Îl avait vendu l'évêché de Narbonne quatre cents sous d’or.
Quelquefois il restait quinze jours de suite absent de la cathédrale et courait les champs avec les chanoines et les clercs de son diocèse :.
La prédication catholique s’étendit ensuite dans tout le pays. Elle s'était fortifiée de deux clercs ardens que le pape venait d’adjoindre à ses légats. C’étaient Diégo de Azèbe, évêque d'Osma en Espagne , et Dominique sous-prieur de son église, moines austères et fanatiques; ils proposèrent aux légats de prêcher nu-pieds et de donner ainsi exemple de la vie des cénobites; mais les envoyés de la cour de Rome dirent : « Oh, nous ne le pouvons ! ce serait une nouveauté. » On parcourut donc les provinces avec toutes les pompes cléricales. Des désaveux, des conversions de bouche furent obtenues, mais les hérésies n'en restèrent pas moins dans toute leur force; elles trouvèrent faveur et protection parmi les chevaliers et
1 Epist. Innoc, IF, liv. 7, apud Mauriquez. Annal. Cistere. an 1204.
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