DERNIÈRE LUTTE DU COMTE DE BOULOGNE
avaitqu'une petite entrée, par laquelle le comte revenait et sortait quand il le voulait”. »
Les chevaliers n’osaient approcher de cette formidable bataille, car presque tous avaient brisé leurs lances, et les hommes de pied qui formaient l’enceinteautour du comte de Boulognétenaient dansleurs mains de longues piques, et une arme nouvelle tranchante et poignante, placée. au bout d’un bâton, dont on fit plus tard la hallebarde. Lorsque Philippe apercut les vains efforts de la chevalerie, du conseil de l’évêque de Senlis, 1l fit avancer trois mille sergens armés de lances et leur ordonna de se précipiter sur ce corps d’intrépides combattans; ils mirent bientôt le désordre dans ces rangs pressés ; le comte de Boulogne demeura seul avec six chevaliers quine voulurent point abandonner’ leur seigneur-lige; ces nobles vassaux se précipitaient de tous les côtés, et des troupes entières fuyaient surtout devant le redoutable Renaud ; mais un petit sergent à l'esprit subtil, nommé Pierre de la Tor-
1 Chronique de Saint-Denis. ibid, , p. 411.
2 « Etsi n’avait que sixchevaliers avec lui qui guerpirne le volait.» Chronique de Saint-Denis , ibid, 11, | 36