LES DEUX ARMÉES
d'armes; toutes étaient de France, sous la conduite de Guy de Montfort, Guillaume des Barres, que l’on trouvait partout où s’offraient de périlleuses aventures, Alain de Rouci, le vicomtedeCorbeil, Bouchard deMarliou deMontmorency *. Les Provençaux comptaientavecindignation dans cette bataille, Baudouin, frèredu comte de Toulouse. L’ambition, le dépit, l’avaient jeté dans les rangs des ennemis de la Langue-doc. Le jour du combat, Folquet, évêque de Toulouse, la mitre en tête, revêtu de ses habits pontificaux, promena dans le camp un petit morceau de ce qu'on croyait alors le bois de la vraie croix. Comme cette procession restait un peu trop long-temps à défiler , l’évêque de Cominges, qui était guerroyant, craignant qu’elle ne ralentit l’ardeur de larmée , s'écria : « Allez sans plus tarder, je vous suis témoin qu'au jugement dernier, je serai caution de tous ceux qui mourront dans ce
1 Le nombre de chevaliers français, sous les ordres de Montfort, indiqué par les chroniqueurs, diffère un peu. Pierre de” Vaulx-Cernay compte 800 hommes , tant chevaliers que sergens à cheval; Rigord denne à Montfort 270 chevaliers et 500 écuyers ; Guill.-le-Breton ; 240 chevaliers et >0 écuyers. ( Voy. Dm. Vaissete, note xvu, t. 3 de son hist. du Languedoc.)