‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 260 sur 336 · JOYEUX ÉTAT DES PROVENCAUX · texte numérisé non relu

JOYEUX ÉTAT DES PROVENCAUX

combat. » Les Francs grossiers se firent répéter plusieurs fois cette promesse qui leur plaisait fort, car ils n'avaient pas mal de gros péchés à confesser; puisils sortirent en ordre de bataille’. On voyait mêlé parmi eux, le fameux Dominique, mais il n'avait point encore acquis son effrayante célébrité cléricale.

L'armée des Provencaux offrait un spectacle gai et dissolu ; amour du plaisir et de la joie dominait même l'esprit des batailles. « La veille du combat 4 dit le fils du roi d’Aragon dans une chronique écrite de sa main, mon père avait couché avec une de ses mies, et 1l était si fatigué, que lorsqu'il assista à la messe avant le combat, il ne put rester debout pendant l’évangile; il fut obligé de s'asseoir *. » On n’entendait dans le camp des Provençaux, que rires et joyeuses paroles. En sortant de Muret, le cheval du comte de Montfort se cabra et recula; alors, éclatèrent parmi les gensde la Langue-doc toute sorte de moqueries et de

i Præclar. Franc. facin. apud Catel, Mémoire sur les comtes de Toulouse. p. 116.

2 Chroniq. Comm. del rey en Jacme, c. 8. L’authenticité en est attestée par Dm. Vaissete, hist. du Languedoc. t. 3, p. 253.

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