DOULEUR DU TROUBADOUR MIRAVAL
éperon. Un grand nombre de nobles habitans quittèrent la terre de la Langue-doc pour ne pas subir ces affronts.
Le troubadour Raymond de Miraval, sire de Carcassel , a déploré la triste situation de la Langue-doc à cette époque. Le noble poète avait conquis l'amitié du comte Raymond de Toulouse , et habitait sa cour. Dans les fêtes et les cours plénières, Miraval obtenait l'amour de toutes les dames et s’obstinait cependant à requérir merci de la châtelaine de Penautier, femme du seigneur de Cabaret, jeune, belle, savante, et qui était aimée également du comte de Foix, d'Olivier de Saissac, de Roger de Mirepoix, d’Aimeri de Montréal; le comte de Foix fut préféré ; le troubadour, pour se consoler , passa dans les bras de la femme du vicomte de Minerve et d’Adelaïde de Boisellon; Adelaïde le trahit encore pour le roi d'Aragon , et notre pauvre chanteur s’en vint jouter d'amour avec Ermengarde de Castres, surnommée la belle Albigeoise, et qui lui fut aussi infidèle pour Olivier de Saissac. Lorsque les croisés eurent enlevé la plupart des châteaux au vieux comte