LES ANCIENS SEIGNEURS DÉPOUILLÉS
concile supplia le pontife dans des lettres pressantes dereconnaître Montfort pour seigneur du pays. Provisoirement l’église init la main sur toutes les cités du comte Raymond. L’évéque Folquet rentra dans Toulouse dont il avait été expulsé et demanda douze otages pris parmi les capitouls. Le pauvre fils de ces comtes de Saint- Gilles, jadis si puissans, fut obligé de quitter le palais deses ancêtres et d’habiter avec sainère, la maison d'un bourgeois dans sa petite tourelle. Son sénéchal pour expier son patriotisme se voua au service des pauvres malades; enfin après s'être assurés des châtellenies dans le pays, les clercs déclarèrent que tous les chevaliers dont les biens avaient été confisqués * durant la croisade , pourraient aller en la province, mais sans jamais entrer dans une ville murée. Ils devaient toujours marcher sans armes, montés sur de mauvais roussins, sorte de déshonneur de chevalerie, et ne porter qu'un
1 Toutefois un acte de cette année 1215, émané des consuls de Toulouse, porte encore la suscription : Raymond, comte de Toulouse. Catel, Mémoire sur les comtes de Toulouse, p.502.
2 Faidita. Ce mot vient peut-être de freda (amende, composi-
tion) , dans la langue franque.