‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 280 sur 336 · PLAINTES DES SEIGNEURS DE LA LANGUE-DOC · texte numérisé non relu

PLAINTES DES SEIGNEURS DE LA LANGUE-DOC

en dépendans paraissait résolue. Tous les comtes de la race provencale se trouvaient précisément dans la catégorie des princes favorables à l’hérésie; ils avaient recu les admomitions cléricales et s’en étaient moqués.

Les albigeois avaient grandi sous l'aile de leur protection; la décision du concile de.

Latran les dépouillait de leurs terres par une application simple et naturelle; cependant ils firent entendre de vives représentations. Les comtes de Toulouse et de Foix furent introduits dans l'assemblée’, et se prosternant aux pieds du pape, ils exposèrent les injustices dont 1ls avaient été victimes dans. la Langue- doc. Un des cardimaux prit ardemment la défense du: comte de Foix’; le bouillant évêque Folquet l'interrompit avec un geste d’impatience. « Que vient-on nous dire ici ? le comte de Foix ne peut disconvenir que son fief ne soit partout rempli d’hérétiques,

31 Le fils du comte de Toulouse s’était rendu à ce concile, déguisé en marchand, pour échapper au comte de Montfort, La chronique provençale dit au contraire qu’il voyageait en grande et noble compagnie. « En una bella et nobla compagnia, » p. 58.

2 « Adonc a presa la paraula ung des cardinals qué al dit : Conseilleray , etc. » Chroniq. provencçal., tbid., p. 56.

L'ÉVÊQUE:FOLQUET. — LE COMTE DE FOIX. 343 car lorsqu'on a pris le château de Mont-Ségur, dépendant de sa seigneurie, a-t-on épargné un seul habitant? n’a-t-on pas fait brüler tout le monde, preuve.qu'ils étaient tous hérétiques ! Pendant quatre ans la sœur du comte a protégé l’hérésie à Pamiers, et lui-même n’a-t-1l pas tué plus de six mille croisés qui allaient au secours de Lavaur ? »’

«Le château de Mont-Ségur n’est pasdansma dépendance, répliquale comte, mais dans celle de ma sœur ; s’il y avait des hérétiques, il faut s'en prendre à elle. On m’accuse d’avoir détruit six mille croisés qui envahissaient nos terres, mais c'était des rodeurs et pillards de tout ce qu'ils rencontraient. Il fallait bien arrêter cetté troupe perverse ; et toi, Folquet, reprit le comte de Foix, n’as-tu pas livré ta ville épiscopale au pillage ? Dix mille habitans de Toulouse n’ont-ils pas été frappés par Îles

1 « Et adonc ses leva l’évesque Folquet, et la peraula a presa contre los dit cardinal, disan que lo comte de Foix que aqui era présen, non podie excusar ni dire que tota sa terra non fos plena d’héretge, car tots los habetans de Mont-Ségur erant esta ars et brülats. Ibid.

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