LE PAPE. — DÉCRETS DU CONCILE
pour satisfaire à la passion d’un seul, tant d’autres soient sacrifiés ? »
Le pape fit un signe de tête comme pour applaudir à cette vive haranguc : « Mon frère, dit-il, lors même que le comte de Toulouse serait coupable, son fils ne l’est pas ; 1l faut donc lui rendre ses terres”. » Ces paroles excttèrent des murmures violens dans l’assemblée; ils furent impératifs jusqu’à ce point que, malgré les sentimers de respect qu'inspirait la personne du pape, la majorité du concile rendit contre l'opinion du ponüfe un décret favorable à la race francque.
. « Tout l'univers, y est-il dit, est informé des travaux que l'église a entrépris, soit par les prédicateurs, soit par les croisés, pour exterminer les hérétiques et les routiers de la Langue-doc; le succès, par la grâce de Dieu, a répondu à nos soins, en sorte que ces deux races de vipères étant chassées, le pays est maintenant gouverné dans la foi catholique et la paix fraternelle. Mais comme ce nouveat plan a besoin d’être arrosé par l’eau spirituelle,
1 «Lo payre non pagara per les iniquitats del filh, et Lo filh per les iniquitats cel payre. Chron. provençale, col. 61.