‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 3 sur 336 · LES BOURGEOIS DE LA LANGUE-DOG · texte numérisé non relu

LES BOURGEOIS DE LA LANGUE-DOG

quelle on l'avait souvent confondu ; les popu: lations étaient les mêmes; un esprit commun de liberté et d'indépendance animait les habitans des cités et les barons féodaux, et ce que l’on doit remarquer pour constater de plus en plus la différence des races qui habitaient le territoire des Gaules, c’est qu'il existait plus de rapports entre les seigneurs de la Languedoc et les vieux chrétiens dispersés parmi les Maures. d'Espagne, qu'entre les barons francs, et ceux de la Provence. L'esprit de ces populations, la forme de leur gouvernement, portaient comme une empreinte particulière. Dès le XIF siècle, les droits de la bourgeoisie se trouvaient aussi nettement établis et reconnus, que ceux des barons et du clergé. Dans une chartede 1 107:,0on voit un corps de bourgeois à Carcassonne ; en 1115, on délibère en la maison commune de Montpellier *; en 1121, à Béziers; des consuls jugent et décident les causes municipales à Nîmes, Narbonne, Castres; le commun con-

1 Chartes du chât. de Foix, caisse 15. Dm. Vaissete, t, 3 aux

preuves.

Archives de Montpeilier, 2° part, p. 94. Dm. Vaissete, ibid.

LIBERTÉ D OPINIONS, 7 seil de Toulouse est aussi indiqué à cette même époque :. | |

Le pouvoir de ces magistrats bourgeois était bien plus large que celui des maires et échevins des cités de France. Ils le tenaient des lois romaines, et des vieilles municipes gauloises , que la domination successive des Visigoths et des princes francs sous Chariemagne, n'avait point effacées. Les magistrats bourgeois assistaient'aux plaids du comte, et formaient souvent sa cour; c'était à eux d’administrer la justice, et de faire la police de la cité; le commun conseil concluait des traités comme les barons; des conventions d'alliance unissaient la plupart des cités commercantes de la Langue-doc et de la Provence avec les républiques d'Italie ; leurs habitans formaient une miliceparticulière, avec leurs lois propres et des chefs élus par eux. Delà résultait cettehaute puissance desbourgeois, qui décidaient des droits héréditaires de leur comte ou seigneur ; admiettaient de préférence tel de ses fils au préjudice de l’autre, se prononcçaient quelquefois même à main armée contreles actes de leur sire.

1 Ibid, col. 591,

Page 1