PHILIPPE ET SES BATAILLES
Philippe ayant convoqué le ban de sa chevalerie, se jeta immédiatement dans l’Anjou pour s’opposer aux progrès de Jean. Quelques centaines de lances furent dirigées vers le Poitou où le roi s’efforca d’abaisser le vicomte de Thouars. Les barons de France lui prirent Parthenaï , puis ils marchèrent dans la Bretagne où ils vinrent assiéger Nantes’. La guerre pouvait devenir toute nationale ; il y avait encore rivalité de race, ces vives et longues inimitiés traditionnelles qui faisaient des batailles unesorte debesoin et d'habitude. Bretons, Poitevins, Francs, tous n'avaient d’autres rapports entre eux que l'amour commun des combats.
L'intérêt de Guy de Thouars, régent de la Bretagne, comme celui du roi, était detraiterentre eux. Les stipulations furent toutes avantageuses au comte Guy, ce quifait croiré queles progrès de Jean d'Angleterre dans les provinces duPoitouet de l'Anjou étaient denature à faire désirer à Philippe un promptaccommodement.
Il fut convenu que « le roi de France céderait le fief de Loudun au comte Guy, si celui-ci voulait
: Guillaume-le-Breton , dans son Histoire en prose. Ann. 1206.