LE ROI, LES ÉGLISES ET LES BOURGEOIS
La simonie dominait l'Église ; toutes les dignités étaient vendues, et jusques dans les monastères, les fonctions du cloître se livraiént à l'encan ; ce malheureux esprit est vivement censuré dans une lettre d’Innocent IT aux archevêqueset évêques deFrance; le pontife s'élève avec une indignation non moins ardente contre la conduite de l’évéque de Poitiers et les infümes trafics auxquels il se livre; il l'invite à se repentir et à se soumettre à la pénitence”. Ainsi le pape maintenait les mœurs et la discipline de YÉglise.
Philippe-Auguste s'efforcait à son tour de protéger les droits et les dignités ecclésiastiques, au préjudice même de ses barons et de ses bourgcois; les magistrats de Rheïms s'étaient émparés des clefs de la ville contre le privilége de l'archevêque; le roi leur écrit afin qu'ils les rendent sous peine d’encourir son imdignation *, les bourgeois ne l’écoutèrent point et continuèrent de garder les portes. C’est en-
1 Martène, Thesaur. anecdot. , t, 1, col. 817. 2 Epist. Innocent, t. n1, p. 691.
5 Marlet, Hist. Remens., t. 2, p. 478.