‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 319 sur 336 · INONDATION DE PARIS · texte numérisé non relu

INONDATION DE PARIS

aux fatigues et aux périls d’une longue route, furent mis sur des navires, transportés en Egypte, et vendus aux marchands sarrasins *. |

Ces grandes émotions populaires supposent qu'il n'existait point de police sociale, et que les masses se déterminaient par un mouvement instinctif et irrégulier. Nous retrouvons cet état de désordre dans la plupart des cités, où aucunes précautions n'étaient prises contre les événemens les plus naturels. En 1206, il y eut une crue d'eau extraordinaire dans la Seine, et toutes les rues de Paris étaient tellement inondées que l'on n'allait plus se visiter qu’en bateau; les ponts, frappés par des lames incessamment agitées , furent eux-mêmes très-ébranlés *. On ne songea à d'autres mesures qu'à faire sortir les châsses bénites de Saint-Denis, de Sainte- Geneviève et de Saint-Germain. Ces églises étaient bien garnies de reliques, car, depuis

° 1 Comparez Thomas de Chompré dans son livre De Apibus; Roger Bacon en parle aussi, mais Albéric est le plus complet 2 Chroniq. de Saint-Denis, ad ann. 1206. Dm Brial, Hist. de

France, t. xvit, p. 595.

Page 1