‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 322 sur 336 · PRIVILÉGES DES BOULANGERS · texte numérisé non relu

PRIVILÉGES DES BOULANGERS

rable , ‘environ cinq cents tours crénelées, et soixante-huit portes dont lesprincipales étaient celles de Coquillière , la porte Barbette , celles de Saint-Martin et de Saint-Victor : toutes étaient bardées de fer, et les murailles construites en pierres fortes carrées’.

Peu d’actes de juridiction municipale, pour la capitale, marquent ces années du règne de Philippe-Auguste ; le suzerain était tropoccupé de ses batailles, cependantun réglement relatif à la boulangerie est empreint de quelques bons principes sur la liberté des professions mdustrielles ; jusqu'alors les boulangers ou tameliers avaient été obligés d’apprêterleur pain dansdeux fours royaux auxquelsle privilége étaitexclusivement accordé; l’un s'appelait le four d'enfer, par tradition diabolique, car il était si profond, le feu qu’on y faisait si ardent, qu'on ne doutait pas que Lucifer et les diables verts et rouge n’y prissent leurs ébats; cette obligation de cuirele pain dans deslieux fixés d’avance mettait desentravesau métier de la boulangerie; leroiaccorda

à tous les maîtres en cet art, le droit d’avoir

chacun un four chez soi, de manière à faire

1 Vovez toujours Felibien, Hist. de Paris, t, 1, à l’année 1208. 2 2 , ’

OUVRIERS DE LA MONNAIE.—DOUCHERS. 305 le pain qui serait nécessaire à leur débit:. Un autre réglement confirma tous les priviléges, immunités et juridictions dont jouissaient depuis longues années les ouvriers de la monnaie* ; ils devaient avoir des maîtres ou rois, et ne pouvaient être traduits que devant eux pour les délits et crimes qui n'emporteraient pas la perte de la vie ou des membres ; ils n'étaient soumis ni à lost, ni à la chevauchée, exemptüon la plus importante dans cette époque de batailles. Les rois avaient bien besoin de toute la subtilité de ces ouvriers pour leurs ressources financières; c'était par l’altération du {in or et du fin argent que les seigneurs obtenaient une partie de leurs revenus, habitude malheureuse, mais que l’ignorance cupide avait placée parmi les ressources du trésor. Enfin en 1210leroisimterposaentrelesbouchers deParis et l’abbesse de Montmartre sur leurs différens à l’occasion des étaux qu'ils tenaient de l'abbaye. Ce petit nombre d'actes signale une certaine sollicitude pour les métiers et corporations de

Ü EL e < 1 Voyez la charte rapportée par Félibien, t. 1, aux preuves. 2 Ordonn. du Louvre, t.1, p. 30.

3 De la Marre, Traité de la police, t. 11, p. 1207.

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