‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 34 sur 336 · O CONFISCATION SUR LE COMTE D AUVERGNE · texte numérisé non relu

O CONFISCATION SUR LE COMTE D AUVERGNE

chroniqueur, les saints couvents de leurs biens, sans même songer à ménager les vases consacrés, et il confisquait à son profit tous les ornemens des monastères’, » le vin du cellier et la chasse bénite. Les dévots chevaliers de France marchèrent donc contre le* comte Guy. Après une courte résistance, il fut privé de ses fiefs. Le roi les confisqua à son profit, et les accorda au comte de Dampierre : second exemple d'un jugement de confiscation prononcé par le roi et sa cour contre les possesseurs de fiefs. L'ancien comte d'Auvergne vécut retiré sans jamais obtenir la restitution de ses terres. Il donnait de grands coups de lance en l'honneur des dames, s’affligeantde cequ'un autre s'engraissait de ses biens, et de ce quelafamillede Dampierre Jouissait de son beau château, commandait à ses hommes d'armes; «1l n’avait d'autre consolation, dit Guillaume-le-Breton, que de voir tomber pour un crime semblable le misérable comte de Toulouse que l’on appelle encore, je ne sais pourquoi, comte de Saint-Gilles. »

C'était dans ces circonstances que le pape

1 Guillaume-le-Breton, Philippeide, chant 9.

PARLEMENT DE VILLENEUVE-LE-ROT Bi

faisait un appel au roi et aux barons de France et d'Angleterre pour les convoquer à la croisade contre les Albigeois. Maître Milon, légat du Saint-Siège ; et l’abbé de Citeaux , également son délégué , s'étaient acheminés vers la coùr plénière de Philippe de France , alors réunie à Villeneuve-le-Roï, près de Sens. Ils étaient revêtus des insignes de légat, et de tout l'appareil des pompes cléricales; partout sur leurs passages , ils furent l’objet des respects | et de l'hommage des populations; les cheyaliers vinrent au-devant d'eux, et les accueïllirent avec honneur : on comptait en cette cour le duc de Bourgogne, les comtes de Nevers et de Saint-Pôl, et beaucoup de nobles hommes alors rassemblés pour délibérer avec leur suzerain sur divers objets relatifs au souvernement du royaume *.

Les légats exposèrent l'objet de leur missiôn, remémorant au roi et aux princes les lettres pressantes du pape qui les appelaient au service de la religion contre les rebelles et hérétiques de la Langue-doc. Philippe répondit

1 Pierre dé Vaulx-Cérnay , Chap. 10.

Page 1