MOTIFS DE LA GUERRE
qui étaient loin encore d'être effacées. La Provence ou la Langue-doc ne faisaient point partie de la France : les Provencaux se moquaient de la gravité sérieuse de tout le haut baronnage du nord ; ces barons à leur tour lancaient de gros jurons chevaleresques contre les histrions du midi et leur parure efféminée ; les moines, les évêques francs censuraient leurs mœurs licencieuses et leur vie de plaisir : c’étaient encore deux races d'hommes conservant les caractères distinctifs d’une origine différente. La guerre contre les Albigeois était une nouvelle invasion de la race franque dans le midi de la France, parmi ces populations que la puissance de Charlemagne avait un moment domptées, mais qui avaient secoué presque aussitôt le joug des enfans du Nord.
L’appât des fiefs confisqués dans cette belle terre de Languedoc, fertile en toute chose, de ces richescités commercantes et civilisées, bien autrement agréables que les sombres donjons de Montfort ou de Nevers, était bien capable aussi de réchauffer les dévouons tièdes et les imaginations sans enthousiasme. Il y avait, comme on le voit, bien des motifs, outre le sentiment